Le ministre japonais de l’Energie a tenté en vain mercredi de persuader une région du sud de l’archipel de redémarrer ses réacteurs nucléaires, plus de trois mois après l’accident nucléaire de Fukushima. Mais celle-ci n’y est pas prête pour le moment.
Après le séisme et le tsunami du 11 mars dans le nord-est du Japon, plusieurs réacteurs nucléaires ont été mis hors service. Aujourd’hui, 35 des 54 réacteurs ne produisent plus d’électricité, dont deux des quatre de Genkai, dans la préfecture de Saga, à l’extrême-sud de l’archipel.
"Une décision difficile pour le gouvernement local"
La visite du ministre de l’Energie Banri Kaieda à Saga est le signe que Tokyo espérait que la centrale, vieille de 36 ans, serait la première à obtenir l’agrément des autorités locales. «Je sais que c’est une décision difficile pour le gouvernement local mais nous aimerions avoir votre accord pour un redémarrage», a dit M. Kaieda lors d’une réunion avec le maire de Genkai, qui a donné son accord.
Mais le gouverneur de la préfecture de Saga, dont l’agrément est impératif, s’y est opposé. «Nous devons vérifier à nouveau la sécurité de la centrale et écouter l’opinion du conseil local et de ses dirigeants avant de prendre une décision sur le redémarrage», a- t-il dit, cité par l’agence de presse Kyodo.
70% des Japonais opposés au redémarrage des réacteurs
La centrale de Genkai compte quatre réacteurs, dont deux sont en service. Les deux autres devaient redémarrer en mars et avril mais sont restés fermés après la catastrophe naturelle. Tokyo craint que le refus des exécutifs régionaux d’autoriser le redémarrage des réacteurs pose des problèmes cet été, quand la demande d’électricité sera au plus haut.
Avant l’accident de Fukushima, le nucléaire fournissait environ 30% de l’électricité du Japon. Ce chiffre est tombé à 20% environ. Un sondage publié cette semaine montre que près de 70% des Japonais s’opposent au redémarrage des réacteurs atomiques, même si cela signifie des pannes de courant et une augmentation des factures d’électricité.