Les bandes de «lascars» – qui tiennent plusieurs quartiers dans les banlieues en France – sont en train de peaufiner la tactique du guet-apens, b.a.-ba des guérillas urbaines. Les scènes de violence qui se sont déroulées durant la nuit de samedi à dimanche aux Mureaux (près de Paris) en apportent la démonstration.
Samedi soir, des «lascars» boutent le feu à une voiture. Les pompiers et la police sont alertés. Parvenus sur place, les agents des forces de l’ordre subissent aussitôt un caillassage systématique de la part d’une dizaine de jeunes. Les policiers répondent par des tirs de grenades lacrymogènes. Repli immédiat des «djeunes», qui continuent leur harcèlement.
Les policiers les poursuivent jusqu’à un point central des Mureaux, où trône une statue nommée «Le Totem». Là, les «lascars» tendent un nouveau piège aux agents, mais en augmentant d’un cran la violence. Un des membres de cette bande, tapi dans l’ombre d’un talus, fait alors feu sur les policiers à coup de fusil à pompe. Heureusement, il s’agit de plombs d’un calibre de 12?millimètres destinés au petit gibier. Vingt-quatre agents sont touchés. Quatorze d’entre eux sont protégés par leur tenue mais dix autres sont atteints, toutefois sans gravité.
Finalement, les forces de l’ordre rétablissent le calme. Un agresseur de 15?ans, qui aurait lancé des pierres contre les agents, est arrêté. Mais le tireur court toujours.
Policiers piégés à Toulon
Cet épisode fait suite à une semaine de tensions et de bagarres sporadiques entre policiers et bandes aux Mureaux. Ces troubles ont sans doute pour origine la mort d’une figure des «lascars» de la cité, un homme de 29?ans tué dimanche 8 mars par des policiers en état de légitime défense. Avec son véhicule, il avait foncé sur eux au terme d’une course-poursuite. Or, rappelons que les émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005 et de Villiers-le-Bel l’an passé avaient commencé de la même manière: des flambées de violence après la mort de jeunes des quartiers classés «difficiles».
Mais la région parisienne n’est pas la seule touchée. Un autre guet-apens de même nature s’est déroulé mercredi 11 mars, dans un quartier défavorisé de Toulon. Trois policiers ont été sérieusement blessés à coups de barre de fer par une bande de quarante voyous. Ils n’ont dû leur survie qu’aux renforts qui ont pu intervenir rapidement. Pour l’instant, grâce à leur sang-froid, les forces de l’ordre ont évité le pire. Mais qu’arrivera-t-il le jour où l’on ne tirera plus sur eux avec du petit plomb mais au moyen de gros calibres?