Le vaste débat sur l’identité nationale en France a été lancé avec moult fracas le 2 novembre. Il devait se conclure en grande pompe élyséenne par Nicolas Sarkozy en personne. Mais, devant les dérapages multiples qui se sont produits durant les 340?réunions organisées dans toutes les préfectures, le président a préféré déléguer son premier ministre, François Fillon, pour orchestrer, hier, un séminaire gouvernemental.
Le but: siffler la fin des réunions publiques, diluer la question identitaire dans le temps et lancer quelques «mesurettes» en guise de seau d’eau froide afin d’éteindre ce débat qui a pris un tour fort déplaisant pour le ministre de l’Identité nationale Eric Besson et, surtout, le président Sarkozy lui-même. Publiquement, deux membres du gouvernement – Martin Hirsch et Fadela Amara – avaient mis en question le bien-fondé de cette initiative.
Dans ce rôle d’éteignoir, François Fillon a donc bien tenu sa partie. Hier après-midi, devant la presse réunie à Matignon, il a loué l’utilité de ce débat qui a drainé 700?000 visites sur le site internet prévu à cet effet et suscité 58?000?contributions d’internautes. Si le site reste ouvert, les réunions publiques dans les préfectures sont maintenant terminées.
Discours de Nicolas Sarkozy en avril
Fillon assure que le débat se poursuivra à d’autres niveaux. Il annonce que le président Sarkozy s’exprimera sur l’identité française au cours du mois d’avril et détaille ses mesures. Citons-en quelques-unes.
Le ministre Eric Besson ne sera plus laissé seul face à cette problématique. Il sera flanqué d’une commission d’experts formée de parlementaires, d’historiens et d’autres intellectuels pour évaluer les mesures et en proposer d’autres.
Le contrat d’accueil et d’intégration auquel sont soumis les étrangers qui s’établissent en France soulignera, notamment, l’importance du principe d’égalité entre hommes et femmes. Un accent particulier sera mis sur l’apprentissage de la langue.
A l’instar de la Suisse, la France accueillera avec solennité ses nouveaux citoyens, qui signeront une charte édictant les principes républicains qu’ils devront observer.
Un carnet du jeune citoyen sera délivré à chaque écolier afin d’appuyer l’instruction civique qui sera encore renforcée.