Bruxelles
Entropa, la sculpture qui suscite les excuses de Prague
Par AFP le 15.01.2009 à 16:12
Le vice-Premier ministre tchèque, Alexandr Vondra, a présenté ce jeudi ses "excuses" à "ceux qui se sont sentis offensés" par la sculpture monumentale controversée Entropa et s’est dit prêt à en retirer le module bulgare qui a suscité une protestation officielle de Sofia.
"Je comprends que certains ont pu se sentir offensés et j’aimerais leur présenter mes excuses", a déclaré le vice-Premier ministre tchèque, dont le pays préside l’UE, lors d’une conférence de presse organisée devant la sculpture installée au siège du Conseil de l’UE à Bruxelles.
La sculpture monumentale, composée de 27 modules correspondant à chaque pays membre de l’UE, a été installée en début de semaine dans l’atrium du siège du Conseil par la présidence tchèque de l’UE.
Interrogé sur le possible retrait du module représentant la Bulgarie comme des toilettes à la turque, M. Vondra a ajouté: "je présente mes excuses à la Bulgarie".
S’adressant ensuite à l’ambassadeur de Bulgarie auprès de l’UE, présent à la conférence, il a précisé: "nous sommes prêts au dialogue: si vous maintenez votre demande (de retrait), nous le ferons certainement".
"De l'art, rien de plus" (?)
M. Vondra n’a en revanche pas envisagé la possibilité de démonter l’ensemble de la sculpture, bien qu’il ait été "choqué" d’apprendre que l’artiste plasticien tchèque David Cerny n’avait pas respecté le cahier des charges.
Ce dernier, qui s’est lui aussi excusé jeudi à la conférence de presse, a en effet réalisé lui-même la plupart des oeuvres au lieu de les confier à des artistes de chaque pays de l’UE.
"Ce n’est que de l’art, rien de plus, rien de moins", a souligné M. Vondra, estimant que "depuis deux jours, la sculpture a suscité des réactions plutôt positives".
Il a défendu la volonté provocatrice de l’oeuvre, le module correspondant à chaque pays étant censé être un clin d’oeil aux stéréotypes le concernant.
"Se rendre compte des préjugés est une condition sine qua non pour s’en débarrasser", a-t-il expliqué.
Il a souligné que cela collait à la devise retenue par la présidence tchèque de l’UE --"L’Europe sans barrières"-- et à sa volonté de "prouver que 20 ans après la chute du Rideau de fer, il n’y a plus place pour la censure en Europe".
La représentation de nombreux pays a été perçue comme provocante. Pour l’Allemagne, un enchevêtrement d’autoroutes a évoqué pour certains une allusion à la croix gammée. Pour le Danemark, un assemblage de Legos ressemble de loin à une des caricatures de Mahomet qui avait fait scandale en 2006.
Seule la Bulgarie a cependant porté plainte officiellement.