C’était le 5 juin dernier à Lecco, au nord de Milan. Au terme de la Fête des carabiniers, les notables locaux, alignés face à la foule, écharpe en bandoulière, entonnent l’hymne national. Les dernières notes ont à peine retenti que dans un geste brusque et martial, le bras droit d’une jeune femme vêtue d’un deux- pièces clair jaillit vers le ciel en un parfait saluto romano, le salut fasciste cher à Mussolini.
Michela Vittoria Brambilla, ministre du Tourisme dans le gouvernement Berlusconi et native de Lecco, fait à nouveau parler d’elle. Plus connue jusqu’ici comme «la ministre qui, à la télévision, croise et décroise le plus vite ses jambes», cette rousse quadragénaire affiche cette fois un geste politiquement fort peu correct.
Plainte déposée
L’affaire serait sans doute restée sans suite si la section locale de l’Association nationale des partisans n’avait pas déposé plainte contre la ministre pour «apologie du fascisme» et organisé un sit-in de protestation devant la fabrique de la famille Brambilla à Lecco. Mais surtout, depuis hier, le geste incongru de la ministre Brambilla est devenu un buzz sur internet, dès lors que le quotidien La Repubblica en a diffusé une vidéo sans équivoque.
Après s’être refusée à tout commentaire, la ministre a finalement assuré hier qu’elle n’avait fait que «saluer la foule et que seuls les gens de mauvaise foi pouvaient imaginer qu’elle avait fait le salut fasciste». Manque de pot, une députée de l’opposition, Lucia Codurelli, assure que la ministre avait déjà fait le salut romain, le 29 mai dernier lors d’une cérémonie à Varenna.
Ce nouvel épisode tend à donner raison à ceux qui, en Italie, assurent que certaines digues ont sauté, et que la banalisation de comportements et gestes politiques jusqu’ici interdits est devenue monnaie courante. Même de la part de ministre de la République.