DÉFIS

La diplomatie d’Obama à l’épreuve du nucléaire

Par JEAN-COSME DELALOYE NEW YORK le 27.05.2009 à 00:02

Le second test nucléaire nord-coréen et les déclarations, lundi, du président iranien qui exclut toute négociation sur le programme nucléaire de son pays, soulèvent des questions sur la stratégie diplomatique de Barack Obama.

Cinq mois après l’investiture de Barack Obama, l’Axe du Mal, formule chère à George Bush pour décrire l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord, paraît bien loin. Lundi, l’Iran et la Corée du Nord ont cependant de nouveau fait parler d’eux. A Pyongyang, le régime de Kim Jong-il a fait procéder à un deuxième essai atomique après celui de 2006. Et à Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad a exclu toute discussion du programme nucléaire iranien avec les grandes puissances.

Ces développements ont relancé le débat aux Etats-Unis sur la stratégie du dialogue prônée par Barack Obama. Victor Cha, ancien négociateur adjoint de l’administration Bush dans le cadre des négociations à six pays (Etats-Unis, les deux Corées, Chine, Japon et Russie) sur la dénucléarisation nord-coréenne, estime que la question est prématurée. «Barack Obama est au pouvoir depuis moins de six?mois», estime-t-il. «Or, cela fait seize?ans que nous essayons de régler le problème nord-coréen. Barack Obama n’a rien fait pour provoquer ce deuxième test atomique. Et si cela débouche sur une résolution onusienne plus musclée, on pourra dire que sa stratégie est un succès.»

Joint à Genève, où il participe à deux conférences au Centre de politique de sécurité, Victor Cha est même plutôt positif sur les efforts de Barack Obama. «Quand George Bush était au pouvoir, les Etats-Unis étaient constamment tenus pour responsables des décisions politiques prises par l’Iran ou la Corée du Nord», poursuit l’homme, qui est aujourd’hui professeur à l’Université de Georgetown et responsable des analyses sur la Corée du Nord au Center for Strategic and International Studies, à Washington. «Sur ce point, la stratégie du dialogue de Barack Obama porte ses fruits, car plus personne ne blâme Washington.»

Dans une analyse publiée le 24 mai par le New York Times, Flynt Leverett, chercheur à la New American Foundation, critique la politique iranienne de Barack Obama et affirme que le dialogue doit être suivi par des actes. Scott Snyder, un expert sur la Corée du Nord au Council on Foreign Remations, un groupe d’analyse politique à New York, estime pour sa part que le rôle d‘Obama est de jongler avec les problèmes: «Pour l’instant, il n’a pas fait d’erreur et n’a pas donné l’impression de délaisser un problème. Nous sommes dans une situation qui évolue rapidement, mais Barack Obama a encore du temps.»

Nouvelles sanctions
Victor Cha partage cet avis: «Nous nous dirigeons vers un nouveau régime de sanctions contre la Corée du Nord aux Nations Unies», conclut-il. «Mais les sanctions qui comptent vraiment sont celles que peut prendre la Chine à l’abri des regards. Pékin a plusieurs possibilités de faire pression sur la Corée du Nord. En procédant à un essai atomique, ce pays a d’ailleurs fait le jeu des Etats-Unis et a renforcé la position américaine auprès de la Chine et de la Russie. La situation est comparable dans le cas de l’Iran.»

Infos pratiques: www.gcsp.ch

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