UNION EUROPÉENNE

La diplomate en chef a un passé trouble

Par Olivier Bot le 03.12.2009 à 00:03

Cathy Ashton, nouvelle cheffe de la diplomatie européenne, passait son premier grand oral hier, devant la commission des affaires étrangères du parlement de Strasbourg. Elle a dû répondre à des questions sur son passé caché de sympathisante communiste.

Entendue hier par la Commission des affaires étrangères du parlement de Strasbourg, Catherine Ashton, la nouvelle cheffe de la diplomatie européenne, a eu à répondre de son passé devant les eurodéputés.

Les révélations de la presse britannique, ce week-end, sur ses engagements de jeunesse dans la Campagne britannique pour le désarmement nucléaire (CND), une organisation suspectée d’avoir été financée en partie par l’Union soviétique, ont eu un écho lors de ce grand oral de prise de fonctions.

D’abord, parce que son curriculum vitae ne fait pas mention d’un engagement qui fut le sien durant cinq années, de 1977 à 1983. Ensuite, parce qu’elle a occupé dans ce mouvement pacifiste britannique la fonction de trésorière pendant trois ans, alors que la provenance d’une moitié des fonds du CND reste un mystère, avec une forte suspiscion de financements venus de Moscou. Lady Ashton aurait-elle des choses à cacher? «C’était il y a plus de vingt-cinq ans. Durant ses années, elle n’est jamais allée en Union soviétique et n’a jamais accepté d’argent de source soviétique», affirmait son porte-parole, réagissant à chaud aux révélations de la presse.

Des fonds non traçables
Devant les députés européens, la travailliste, élevée au rang de baronne par Tony Blair qui a fait sa carrière, indiquait qu’elle «n’avait jamais perçu directement de fonds de quelque pays communiste que ce soit». Mais elle reconnaissait que «certains fonds n’étaient pas traçables».

Les services secrets britanniques se sont à l’époque vivement intéressés à la jeune femme qui représenta le CND à des meetings du Parti communiste.

«Elle ne fut pas membre du parti», se défend son porte-parole. Mais ces sympathies communistes, ce militantisme dans une organisation qui prônait la sortie de la Grande-Bretagne de l’OTAN, l’Alliance militaire atlantique, font désordre dans une Europe élargie à l’est.

Nigel Farage, leader d’un parti eurosceptique britannique, le dit tout net: «Pouvons-nous être satisfaits que celle qui sera en charge de notre politique étrangère et de sécurité soit une ancienne activiste d’un mouvement comme le CND? Je ne pense pas que ce soit la personne appropriée pour ce travail.»

Cette nomination inattendue à un poste qui en fait la numéro deux de l’Union européenne, doit encore obtenir l’aval du Parlement européen. Car en plus des affaires étrangères, Catherine Ashton assumera la vice-présidence de la Commission, l’organe exécutif de l’Europe. Or, le parti populaire européen, majoritaire à Strasbourg, a promis qu’il rejetterait tous ceux qui ont promu des idées communistes par le passé…

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