L'aviation yéménite a lancé lundi matin un raid contre un "camp d'entraînement" d'Al-Qaïda dans la province, selon le ministère de la Défense qui n'a pas fait état de tués ou de blessés, au lendemain d'un raid au cours duquel deux chefs d'Al-Qaïda ont été tués, d'après les autorités.
Selon des sources des services de sécurité, Jamil Nasser Abdallah al-Ambari, responsable d'Al-Qaïda pour la région d'Abyane, a été tué lors de raids qui ont visé dimanche soir une "cellule terroriste" dans la région de Moudia (480 km au sud-est de Sanaa), dans la province d'Abyane.
Un deuxième chef d'al-Qaïda, qui n'a pas été identifié, a été tué dans ces raids selon le ministère de la Défense.
Ambari, 25 ans, originaire d'Aden, principale ville du sud du Yémen, figurait sur une liste de 152 personnes recherchées, des Yéménites mais également des Saoudiens, publiée par le ministère de l'Intérieur.
"Les raids de dimanche ont visé des éléments d'Al-Qaïda qui planifiaient des attentats terroristes contre des installations vitales", a déclaré aux journalistes le colonel Abdallah al-Salihi, directeur de la sécurité de la région de Moudia.
Les autorités n'ont pas précisé la nature de ces "installations vitales", mais la province d'Abyane est proche de la province pétrolière de Chabwa.
Selon une source des services de sécurité, les autorités ont acheminé à Sanaa les restes des victimes du raid de dimanche soir afin de les soumettre à des tests d'ADN. Ces sources ont indiqué que le bilan pourrait être de sept à neuf morts.
Des habitants interrogés par l'AFP au téléphone ont pour leur part soutenu que ce raid avait fait "des victimes civiles", sans en préciser le nombre.
Mais le colonel al-Salihi a assuré que "le raid a visé une région située à trois kilomètres des zones habitées".
Outre les bombardements des environs désertiques de la ville, les avions ont survolé à basse altitude Moudia lundi matin, provoquant la panique, selon des témoins.
Des habitants ont indiqué à l'AFP avoir quitté leurs demeures de peur d'être pris pour cible dans cette ville, devenue l'un des centres les plus actifs de la contestation sudiste contre le pouvoir du président Ali Abdallah Saleh.
Les autorités yéménites sont passées à l'offensive depuis le mois de décembre contre les membres d'Al-Qaïda, qui a revendiqué des attentats contre les missions diplomatiques, les installations pétrolières et les touristes étrangers au Yémen.
Mais l'opération menée dimanche soir constituait le premier raid de l'aviation annoncé depuis le 20 janvier, lorsque celle-ci avait dit avoir bombardé la maison d'un chef présumé d'Al-Qaïda dans la province de Marib (170 km à l'est de Sanaa).
Le 15 janvier, les autorités avaient annoncé la mort de six dirigeants d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa), née d'une fusion des branches yéménite et saoudienne du réseau, dont son chef militaire Qassem Al-Rimi, lors d'un raid aérien dans le nord du pays. L'Aqpa avait démenti leur mort.
Le Washington Post avait affirmé fin janvier que des militaires et des agents du renseignement américains étaient étroitement impliqués dans les opérations secrètes menées contre Al-Qaïda au Yémen, préparant les missions et fournissant armes et munitions.
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