Marocaine, Ruby R. quitte à 16?ans le domicile de ses parents en Sicile pour tenter sa chance à Milan. Petits boulots dans les boîtes de nuit, menus larcins: elle sombre dans la petite délinquance. Le 27 mai dernier, Ruby est arrêtée pour avoir dérobé 3000?euros. A la surprise des enquêteurs, la présidence du conseil appelle le commissariat: «Il faut relâcher la jeune fille, c’est une parente de Hosni Moubarak (ndlr: le président égyptien) »…
L’enquête suit toutefois son cours et la jeune Marocaine, aujourd’hui âgée de 17?ans, révèle une étonnante intimité avec le Cavaliere. Elle affirme avoir été remarquée par Emilio Fede, journaliste et intime de Berlusconi, lors d’un concours de beauté. Fede l’a alors adressée à Lele Mora, agent de stars télévisées lui aussi proche du Cavaliere. Et c’est Mora qui l’aurait conduite à trois reprises à des soirées au domicile milanais de Berlusconi.
La première fois, Ruby abandonne la fête vers 2?heures du matin sans rien noter de particulier. La seconde fois en revanche, la soirée dégénère en un «bunga bunga». Selon Ruby, le «bunga bunga» est une expression décrivant un jeu érotique enseigné à Berlusconi par le colonel Kadhafi qui le pratique avec son «harem africain». «J’étais la seule femme à ne pas être nue», a précisé Ruby au magistrat. La troisième soirée fut plus sage. La jeune femme, qui a précisé ne pas avoir eu de relation sexuelle avec le Président du conseil, aurait reçu en trois mois 150?000 euros du Cavaliere.
Si les magistrats restent prudents sur le témoignage d’une jeune femme au passé agité, l’enquête a permis d’établir quelques certitudes. C’est bien sûr l’intervention de la présidence du conseil que Ruby a été remise en liberté. Certains bijoux dont Ruby est en possession ont été achetés par Berlusconi.
Le 14 février, date de la première soirée, le téléphone de la Marocaine a été repéré sur l’émetteur qui couvre la zone de la résidence du Président du conseil. Enfin, sur des écoutes téléphoniques, plusieurs intimes de Berlusconi font référence au désormais fameux «bunga bunga». Une enquête pour incitation à la prostitution a donc été ouverte sur Lele Mora et Emilio Fede.
Aucune accusation ne pèse sur Silvio Berlusconi. Mais pour de nombreux Italiens, la conduite privée du Président du conseil menace sa fonction car elle le met à la merci du premier maitre chanteur venu .