FRANCE

A 13 ans, elle met au monde un bébé et le tue

Par Jean-Noël Cuénod, Paris le 02.09.2009 à 00:03

Un drame de la maternité précoce relance le débat: faut-il parler contraception dès l’école primaire? Une spécialiste du planning familial l’envisage.

Elle avait fêté son 13e anniversaire en juillet. Un peu plus d’un mois après, cette jeune fille donne le jour à un bébé. Et le tue, vraisemblablement en lui infligeant trente coups de ciseaux. ?Cette horrible affaire s’est déroulée lundi après-midi, dans une petite ville plutôt bourgeoise du Val-de-Marne, près de Paris: Chennevières.

A 15?h?30, l’adolescente téléphone elle-même au numéro 17 de police-secours, selon un agent interrogé par le site d’information Le Post.fr. Sur place, les policiers et les secouristes découvrent un nouveau-né qui vient de mourir. La jeune fille se trouve alors au domicile de sa mère, en compagnie de ses frères et sœurs. Elle explique tout d’abord que le nourrisson était mort-né. Mais, devant les traces de blessures profondes relevées sur le petit corps, les policiers n'ont pas eu de peine à obtenir des aveux: l’adolescente venait d’accoucher dans la salle de bain, à l’insu de sa famille, et a tué son bébé, vraisemblablement à coups de ciseaux. La mère affirme tout ignorer de la grossesse de sa fille. Celle-ci, très choquée, a été conduite dans un établissement psychiatrique. Pour l'instant, elle ne peut pas expliquer son geste.

Dès lors, toute supposition sur les faits demeure pour le moment hors de propos. En revanche, un tel drame pose cette question: cette fille n’avait que 12 ans lorsqu’elle a été mise enceinte, comment cela peut-il encore arriver après des décennies d’information sur les moyens contraceptifs?

La pilule dès 12 ans?
Conseillère conjugale au Mouvement du planning familial de Paris, Viviane Devitry nous fait part de sa réflexion: «Cela ne constitue pas la majorité de nos consultations, mais il nous arrive de recevoir de très jeunes filles d’une douzaine d’années qui sont enceintes*. Compte tenu du caractère tout de même exceptionnel de cette situation, nous essayons d’abord de déceler s’il y a eu viol ou inceste, tout en engageant un dialogue sans jugement de notre part.» Et Viviane Devitry de poursuivre: «Nous abordons les sujets liés à la sexualité dans les collèges (ndlr: établissements d’enseignement post-primaire) et les lycées (ndlr: gymnases dans le canton de Vaud), soit pour des adolescents âgés de 13-14 ans.

Mais on peut se poser cette question: ne faudrait-il pas s’adresser aussi aux enfants de l’école primaire? Je pense qu’une telle approche est désormais nécessaire. Une approche qui soit axée sur la rencontre de l’autre, mais aussi sur le respect de sa volonté. Il faut qu’une fille sache dire non et qu’un garçon entende ce refus et l’accepte.»

Faut-il encourager la contraception plus précocement? Réponse de Viviane Devitry: «Nous devons faire en sorte que le plus grand nombre possible de jeunes connaissent l’adresse de nos centres de planning familial et qu’ils soient persuadés d’y obtenir une écoute attentive, sans jugement. Devrait-on donner la pilule à 12 ans? Pourquoi pas? Mais à la condition que la relation sexuelle de l’adolescente soit librement consentie, sans ambiguïté.»

* Sur plus de 800 000 bébés nés en 2008 en France, 187 avaient une mère âgée de moins de 15 ans, selon les chiffres de l’Insee.

Sondage

Les réseaux de soins, une bonne formule?




Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




Le monde en images

SEARCH.ch

Commerce

Sondage

Faut-il abolir la «lex Koller», qui limite la vente des résidences secondaires aux étrangers?




Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter lu-ve 7h30-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 824 124, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Service clients CP 585 - 1001 Lausanne