Enchères

Tout s’achète et tout se vend sur Ricardo.ch

Par Caroline Rieder le 28.03.2011 à 00:00

En Suisse, le site dame le pion au géant eBay. On y propose de tout… même des animaux. Un zèbre a été proposé à l'adoption pour 18'000 francs.

Un parcomètre, un automate à billets, un Spider-Man en plastique de 2,20 m de haut, sans parler des Nanos… On trouve de tout, ou presque, sur Ricardo.ch. Si nos voisins européens se précipitent sur eBay pour revendre un cadeau de Noël peu convaincant, les Suisses préfèrent la plate-forme née en 1999 à Baar, près de Zoug. Bien que la petite entreprise des frères Widmer soit aujourd’hui propriété du géant Naspers.

Avec plus de 750?000 visites et 20?000 articles vendus par jour, des transactions pour plus de 600 millions de francs par an, le portail s’est imposé pour les enchères en ligne. Du côté des petites annonces par contre, il s’incline, en Romandie, devant Anibis.ch.

Les deux plates-formes constatent une augmentation de leur fréquentation. Du côté d’Anibis, les statistiques globales ne disent pas si cette hausse concerne plutôt les bonnes affaires ou l’immobilier. Chez Ricardo, on a pu chiffrer la progression des ventes à 10% par an. Les articles de marque, habits pour enfants ou encore les produits technologiques arrivent en tête. «Les iPhone, même avec un défaut, s’arrachent», note la porte-parole Barbara Zimmermann.

Même de vieilles pantoufles

Dans cette caverne d’Ali Baba virtuelle, les articles neufs sont très prisés. Ils sont trois fois plus nombreux que les occasions à changer de propriétaire. Le site offre tout de même son lot de bizarreries. Médicaments, drogues, articles érotiques ou à caractère antisémite y sont interdits, mais on y déniche par exemple des animaux. Ceux-ci ne sont pas admis aux enchères, mais on peut les vendre par petites annonces. Impossible de dire si le zèbre proposé à l’adoption pour 18?000?fr. en février a trouvé une nouvelle famille, car l’équipe de Ricardo n’opère une surveillance étroite que pour les enchères.

«Pour ce type de vente, un contrat protège vendeurs et acheteurs. On vérifie aussi si certaines personnes possèdent bien ce qu’elles proposent», poursuit Barbara Zimmermann. La société a ainsi contacté l’internaute qui a déjà mis en vente plusieurs fois une raquette utilisée par Roger Federer à Wimbledon en 2007, pour s’assurer qu’elle était bien en sa possession.

Certains optimistes tentent leur chance à de multiples reprises, comme cet homme qui vend des pantoufles usées jusqu’à la corde pour 999?fr. Faute d’intéressé il a recueilli… plusieurs pages de commentaires plus ou moins sympathiques.

D’autres lots étonnants, mais plus attrayants, trouvent preneurs. Associée à la Croix-Rouge pour l’action «Chaque centime compte», la plate-forme propose parfois elle-même des produits inédits, comme un des ballons officiels du match Suisse-Espagne lors de la dernière Coupe du monde, ou la possibilité de jouer dans une pub Migros.

Enfin, les opérations en ligne n’étant pas sans risques, la société a mis en place des garde-fous. «Nous vérifions l’adresse postale de chaque membre, et un système d’évaluation par les internautes permet de vérifier la fiabilité des vendeurs.» Les mesures vont de la suppression des offres suspectes à l’exclusion du membre concerné. Rodé, le système permet à de grands vendeurs de vivre de leurs transactions. D’autres, comme la Vaudoise Yasmin Künzli, en font un hobby.

«Un appoint financier et un hobby»

Une quinzaine de «grands vendeurs» vivent de leurs transactions sur Ricardo. Aucun n’habite dans le canton, mais on y trouve quelques particuliers très actifs sur la plate-forme, comme Yasmin Künzli.

Depuis son ordinateur, qui trône sur la table du salon, elle met aux enchères 2000 à 3000 articles par an. Surtout des objets Hello Kitty. Beaucoup sont introuvables ici, et envoyés du Japon par des amis.

«Ils me suggèrent des articles, et si je peux les vendre à bon prix malgré les frais de douane, je les fais venir.» Elle propose aussi des produits d’Indonésie, son pays d’origine.

«Je suis mère au foyer avec deux enfants. C’est une façon de me faire un peu d’argent.» Combien gagne-t-elle? Elle ne souhaite pas le dire. «Ce sont de petits montants, précise-t-elle. Mais je le fais aussi parce que j’aime ça, c’est un hobby.»

Leur système d'évaluation n'est qu'un leurre digne de l'école des fans. Car même lorsqu'une transaction ne se déroule pas bien, l'évaluation n'est simplement pas remplie ou pas remplie de manière conforme à la réalité pour éviter une évaluation négative reçue par mesure de rétorsion.

Et on peut même s'"acheter" des amis! J'ai des preuves ;o)

@ Ted_Demore: Vous avez partiellement raison, le système d'évaluation de Ricardo.ch ne traduit pas toujours la réalité des transactions, à cause de la peur de recevoir une évaluation neutre ou négative en retour. Cependant, il existe tout de même la possibilité de faire retirer une évaluation négative. En outre, je peux témoigner, en tant qu'utilisateur du site depuis plus de 7 ans, de la fiabilité du système et du peu d'expériences négatives sur les centaines d'articles achetés ou vendus par l'intermédiaire de Ricardo.ch. Finalement, il faut surtout critiquer ce qu'est devenu Ebay en général (frais exorbitants, conditions contraignantes, impossibilité d'évaluer négativement un vendeur, obligation de proposer Paypal comme moyen de paiement).

Rencontre serieuse

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