Le jeune groupe Vert’libéral aux Chambres fédérales veut auditionner les ministres Eveline Widmer-Schlumpf et Johann Schneider-Ammann. Car selon, eux, ils ne sont pas assurés d’être réélus. L’initiative, jugée hors de propos et arrogante par une partie de la Berne fédérale, ne choque pas le politologue Oscar Mazzoleni*: «Les Vert’libéraux rendent visible un processus tacite.»
Co-auteur d’un ouvrage sur la «La formule magique», Oscar Mazzoleni argumente: «Les Vert’libéraux rendent simplement visible un processus qui s’est enclenché avec la non-réélection de Ruth Metzler en 2003 et celle de Christoph Blocher en 2007.
Une chance pour les petits partis
«Désormais, l’idée est installée qu’en fin de législature, les conseillers fédéraux sont sur la sellette. Chacun peut être remplacé. La rupture est nette avec l’ensemble de l’histoire de l’élection du Conseil fédéral, où la règle informelle de la reconduction des sortants a presque toujours été respectée», précise encore Oscar Mazzoleni.
Pour le politologue de l’Université de Lausanne, «dans ce nouveau contexte, les petits partis peuvent faire valoir leur poids de manière publique. C’est un message politique: 14 voix peuvent faire la différence, et pas seulement pour le siège vacant de Mme Calmy-Rey», glisse Oscar Mazzoleni.
Procédé indirect
Le spécialiste des institutions politiques ne voit pas en quoi le protocole de la Berne fédérale est violenté. «De toute façon, l’audition des conseillers fédéraux se fait indirectement», estime-t-il.
«La presse les classe. Les partis négocient en coulisses et les présidents de parti y vont chacun de leur petite phrase positive ou négative envers leurs conseillers fédéraux ou ceux de leurs adversaires. Avec une audition formelle, le nouveau groupe parlementaire des Vert’libéraux veut faire savoir qu’il existe et être reconnu comme un acteur qui compte.»
*La formule magique, Elie Burgos, Oscar Mazzoleni, Hervé Rayner. Collection Le Savoir Suisse.
Excellent ... Bravo aux Vert'Libéraux !