La performance est de taille. Pour la toute première fois de son histoire, la Suisse s’est défaite, mercredi soir à Mannheim, du Canada dans un championnat du monde. Les 25 tentatives précédentes n’avaient jamais permis à une sélection suisse de prendre le dessus sur les hockeyeurs à la feuille d’érable. Le seul autre succès officiel helvétique avait été décroché lors des Jeux olympiques de Turin en 2006 (victoire 2-0).
Devant 12'500 spectateurs, dans une chaude ambiance rythmée par environ 2'000 supporters suisses, l’équipe de Sean Simpson a réalisé un véritable exploit. En plus de sa victoire 4-1, elle a su y ajouter le brio, mettant sans aucun complexe les Canadiens sous pression, ne rechignant pas à achever des charges puissantes pour finalement triompher le plus logiquement du monde.
«C’est l’un des plus grands moments de ma carrière d’entraîneur, relève Sean Simpson, à qui décidément tout semble réussir depuis sa nomination. En tant que Canadien qui affronte son pays d’origine, l’émotion était bien sûr au rendez-vous. Mais je suis vraiment fier de ce que mon équipe a réussi.»
A l’heure des lauriers, un homme sort du lot. Titularisé pour la première fois de sa carrière en championnat du monde, Tobias Stephan a rendu une copie parfaite, détournant 31 des 32 tirs qui lui ont été adressés, sauvant ses coéquipiers de la capitulation (surtout lors des dix minutes initiales) et provoquant le désespoir des Canadiens, dont les mégastars John Tavares, Steven Stamkos ou Corey Perry. «Ce fut une sensation très forte, explique-t-il, heureux d’avoir répondu présent. Le gardien de Genève-Servette a logiquement été élu meilleur joueur de la Suisse.
L’un des quatre autres Servettiens alignés (un record absolu dans l’histoire récente) a lui aussi décroché la lune. Aligné aux côtés des Bernois Martin Plüss et Ivo Rüthemann, Thomas Déruns a préparé les deux premiers buts (1-0, Rüthemann, 12e minute; 2-0, Plüss, 15e) avant de faire trembler à son tour les filets (4-1, 46e minute). Entretemps, John Tavares avait réduit la marque (2-1, 15e) et l’excellent Andres Ambühl surpris Chris Mason, le gardien canadien. (3-1, 22e).
Avec trois matches, trois victoires (Lettonie, Italie, Canada), une différence de buts flatteuse (10-2) et une qualification quasi assurée pour les quarts de finale, la Suisse new look de Sean Simpson ne cesse d’aligner les bonnes surprises. En phase intermédiaire, elle sera encore en lice samedi (20 h 15), lundi (16 h 15) et mardi (20 h 15), contre des rivaux du groupe C, pas encore confirmés (trois équipes parmi la Suède, la République tchèque, la France et la Norvège).