BANQUE

Oswald Grübel, patron d'UBS: «Des mesures radicales sont indispensables»

Par AP le 15.04.2009 à 10:25

Dans le cadre de son assemblée générale, la banque a donné des éclairages sur les résultats du premier trimestre et annoncé une sévère coupe dans les effectifs.

Confrontée à une nouvelle grosse perte au premier trimestre et à des sorties d’argent, UBS taille dans le vif. La première banque helvétique va supprimer 8700 emplois d’ici la fin de l’année, dont 2500 en Suisse. La convalescence prendra encore du temps.

Dans le cadre de son assemblée générale de mercredi, la banque au bénéfice d’une aide étatique a donné des éclairages sur les résultats du premier trimestre et annoncé une sévère coupe dans les effectifs. La période de janvier à mars se solde par une perte de près de deux milliards de francs. Elle s’explique notamment par un trou de 3,9 milliards de francs imputable à des pertes sur des positions à risque, des provisions pour risques de crédit et des adaptations de prix pour les dernières positions transférées à la Banque nationale suisse.

Malgré de premiers signes positifs, le premier trimestre se bouclera sur des sorties nettes de fonds. Pour la division Wealth Management & Swiss Bank, les sorties nettes de fonds s’élèvent à près de 23 milliards de francs. La publication de l’accord relatif aux enquêtes menées sur les services bancaires transnationaux pour les clients américains a laissé des traces, selon la banque.

Patron d’UBS, Oswald Grübel a admis devant les actionnaires que les résultats sont encore très loin de donner satisfaction. "Les chiffres sont toujours aussi peu encourageants et des mesures radicales sont indispensables". Et il ne faut pas s’attendre à des miracles ces prochains mois. La remise à flot sera longue, a-t-il prévenu. Rappelons que son prédécesseur Marcel Rohner tablait sur le retour aux chiffres noirs pour 2009.

Tous les potentiels d’économies seront exploités pour redresser la barre. La réduction des coûts en fait partie et l’UBS va réduire le nombre de ses collaborateurs dans le monde de 76.200 à 67.500 d’ici 2010. En Suisse, 2.500 postes seront biffés et entre 1.200 et 1.500 personnes devraient être licenciées. Un plan social est à disposition. Oswald Grübel a qualifié cette décision de "très douloureuse, mais malheureusement incontournable". Ce sont aussi les mots utilisés par le Département fédéral des finances (DFF) dans sa réaction.

UBS souhaite adapter sa taille à la modification des conditions de marché et à la réduction des activités. La banque entend réaliser des économies de 3,5 à 4 milliards de francs d’ici la fin 2010 par rapport à l’an dernier.

Stratégie maintenue

Sur le plan stratégique, aucune modification d’envergure ne pointe à l’horizon. La gestion de fortune internationale et plus particulièrement les activités en Suisse constituent le métier de base. Des prestations à l’échelle mondiale dans le domaine de la banque d’affaires restent cependant parmi les activités.

Le président désigné Kaspar Villiger a évoqué la polémique sur les salaires. Les rétributions excessives ont suscité une colère justifiée et UBS a réagi en adaptant la structure salariale de ses dirigeants. Le niveau des rémunérations a baissé, mais il ne faut pas aller trop loin non plus. "Des signes de plus en plus nombreux commencent à indiquer que cela pèse sur notre capacité à retenir les meilleurs talents", a expliqué l’ancien conseiller fédéral.

 


L’action UBS plonge et se reprend

L’action UBS a dégringolé mercredi à la Bourse suisse après l’annonce d’une nouvelle perte trimestrielle et d’importantes suppressions d’emplois. Le titre, qui avait flambé la veille, perdait plus de 8,67% à 12,12 francs peu après l’ouverture des marchés. Dans le sillage de l’UBS, l’action Credit Suisse cédait 3,46% et Julius Bär 3,34%. Le titre de l'établissement se reprenait un peu en fin de matinée.

A 12h24, l'action du numéro un bancaire helvétique se repliait encore de 2,49% par rapport à la clôture de la veille, à 12,94 francs. Dans le même temps, l'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) stagnait, après une entame en net repli.  ats

 


L'établissement remplit les exigences en matière de fonds propres

Malgré une nouvelle lourde perte au premier trimestre 2009, l'UBS remplit les exigences en matière de fonds propres, a indiqué mercredi Alain Bichsel, le porte-parole de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA).

M. Bichsel n'a en revanche pas souhaité commenter plus amplement la marche des affaires du numéro un bancaire helvétique. La FINMA prend acte des informations délivrées par l'UBS dans le cadre de son assemblée générale et continue d'assurer sa tâche de contrôle, a indiqué le porte-parole du gendarme des marchés financiers.

En préambule à l'assemblée générale des ses actionnaires à Zurich, l'UBS a notamment indiqué dans un communiqué disposer d'un taux de fonds propres de près de 10% à fin mars, malgré une perte de près de 2 milliards de francs attendue pour le premier trimestre 2009. ats

 

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