«Nos premiers pas à Lausanne sont extrêmement positifs. Nous avons fait mieux que notre business plan.» Michael Hobmeier, directeur général de la Banque Valiant, n’a pas caché sa satisfaction, hier, lors de l’inauguration officielle de l’agence lausannoise du groupe bernois de banques régionales suisses. «Une étape majeure du développement du groupe», qui compte déjà 108 succursales en Suisse. Entretien.
– Avez-vous d’autres projets dans le canton?
– Nous cherchons à croître dans le canton, oui, mais notre priorité actuelle reste l’ancrage de nos activités à Lausanne. Nous sommes une plate-forme ouverte pour d’autres banques et nous sommes toujours intéressés à de nouveaux partenariats, cependant, nous ne faisons pas le premier pas. Si une banque est intéressée, elle peut s’adresser à nous.
– A Lausanne, vous êtes essentiellement actifs sur le marché immobilier. Quelles sont vos prochaines étapes: private banking, banque de détail?
– Notre priorité reste les crédits immobiliers. Nous développerons la banque de détail dans le sens de l’offre de services à des clients privés. Quant au private banking, nous n’avons pas encore planifié de développement depuis Lausanne, nous offrons ces prestations depuis Fribourg ou de notre centrale à Berne.
– 2009 s’est révélé être une année favorable aux banques de proximité. Comment voyez-vous l’avenir alors que la concurrence sur vos marchés-clés – notamment hypothécaire – devient toujours plus féroce?
– La concurrence s’accroît et va encore s’accroître. Dans ce contexte, nous estimons que la consolidation du secteur va se poursuivre au niveau des banques régionales, mais aussi au niveau du private banking. Nous nous préparons en mettant en avant nos forces. Soit le contact direct personnalisé, des conseils compétents et des décisions rapides puisque nous avons une organisation très légère.
– Vous êtes en concurrence de plus en plus frontale avec les banques cantonales un peu partout où vous êtes présents. Qu’est-ce qui vous différencie vraiment d’elles, au-delà de la plupart des arguments que vous citez et qu’elles citent aussi?
– Nous sommes une société privée, cotée en Bourse et 98% de nos actionnaires sont des individus, non des institutionnels ou des hedge funds. Notre philosophie de management se différencie ainsi des banques cantonales, qui sont généralement des banques étatiques. Notre personnel présent face au client a un profil très «type entrepreneur».
– Mais être une banque cotée en Bourse, aujourd’hui, n’est-ce pas un désavantage?
– Au contraire, c’est un énorme avantage, car la plupart de nos actionnaires sont aussi clients de la banque. Nous pouvons nous targuer d’avoir un actionnariat très stable, très orienté long terme.
– Qui dit concurrence dit prix, offres. Etes-vous prêts à augmenter votre niveau de risque pour gagner des parts de marché?
– Non, non, non! Nous sommes flexibles sur beaucoup de sujets mais totalement inflexibles lorsqu’il s’agit de niveau de risque. Nous appliquons la même politique depuis des années et nous n’y toucherons pas. Elle nous permet tout de même de proposer de bonnes offres.
– Dans ce contexte, beaucoup relève aussi d’une question d’image. Est-ce que votre alliance avec La Poste joue en votre faveur?
– Cette alliance a été très bien accueillie tant par nos actionnaires que par nos clients. Elle se poursuit. Nous allons proposer cette année déjà des produits et la collaboration fonctionnera en plein l’an prochain.
– Craignez-vous les effets du durcissement de la réglementation financière pour une banque comme la vôtre?
– Davantage de réglementation, il y aura, c’est sûr. Et elle sera la même pour toutes les banques, qu’elles soient petites ou grandes. Je crains que cette nouvelle réglementation n’engendre pour une banque comme la nôtre énormément de coûts supplémentaires et superflus. Des coûts administratifs, de reporting, etc.
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