Crise, licenciements, suppressions de postes. Les titres des médias ont de quoi inquiéter les jeunes en quête de formation et qui souhaitent en savoir davantage sur le marché de l’emploi en Suisse romande.
Ils ont pourtant aussi de quoi être rassurés. L’agence de recrutement Manpower, dans ses perspectives pour le 4e?trimestre 2011, indique certes que 7% des employeurs du pays prévoient une baisse de leurs effectifs, mais que 9% envisagent une hausse et que 81% ne prévoient aucun changement.
Malgré la crise. Charles Franier, directeur du cabinet Michael Page, à Genève, précise: «Il y a moins de postes à pourvoir aujourd’hui par rapport à l’année passée mais la baisse n’est pour l’instant pas significative et plusieurs secteurs connaissent une pénurie récurrente de travailleurs.»
Un manque également pointé du doigt par Dimitri Djordjèvic, membre de la direction générale suisse du cabinet Mercuri Urval, pour qui le décalage au pays entre le choix des étudiants et le marché du travail est souvent important. «Le manque de personnel qualifié est criant dans tous les secteurs en Suisse», ajoute Grégoire Evéquoz, directeur général de l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) à Genève. Les jeunes doivent en tenir compte. Six secteurs sont particulièrement demandeurs.
L’informatique premièrement. Le manque de main-d’œuvre y est récurrent. En novembre 2010, l’association ICT Switzerland annonçait que 32?000 postes resteraient vacants dans les branches des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Suisse en 2017. L’organisation faîtière renchérit cette année: «Il est nécessaire de doubler d’ici là le nombre de diplômés sortant de la formation supérieure aux TIC.» Du côté des entreprises, Jacques Boschung, directeur d’EMC Suisse, donne le ton: «Nous sommes en permanence à la recherche d’une vingtaine d’employés. Il ne s’agit pas d’un manque temporaire.» On ne compte plus les entreprises qui sont dans la même situation. La semaine dernière, c’était au tour de la société américaine Autodesk d’annoncer la création d’une trentaine d’emplois à Neuchâtel. En novembre 2011, le portail de l’emploi romand jobup.ch proposait 2040 postes en informatique et télécom.
C’est un autre gros secteur. La pénurie ne date pas d’hier non plus. Elle se fait même aujourd’hui plus ressentir que par le passé. «Les projets immobiliers sont en hausse, note Charles Franier. Ils impliquent un panel de métiers, que ce soit des architectes, des gestionnaires de propriétés, des chefs de projets, des gérants de régie, des ouvriers ou des directeurs de travaux.» Dimitri Djordjèvic confirme: «Il est très difficile de trouver des ingénieurs en Suisse.» Selon une récente étude de l’association Swiss Engineering UTS, il manque 15?000 ingénieurs au pays et cela ne va pas s’arranger: 45% des ingénieurs en Suisse ont plus de 45?ans. De quoi intéresser les jeunes.
TAG Heuer a annoncé vouloir doubler ses effectifs d’ici à 2010. Le groupe Richemont entend créer 2000 emplois en Suisse ces deux prochaines années. La liste des autres exemples est longue. Tous peinent à trouver. La porte-parole du groupe Swatch Béatrice Howald rappelle que le géant horloger a engagé des centaines de personnes cette année et que, en 2012, cela va continuer. «Nous recherchons des cadres et des ouvriers spécialisés, des décolleteurs aux logisticiens en passant par des mécaniciens ou des techniciens.» Chez Swatch, le nombre d’apprentis ne cesse d’augmenter. On en recense cette année pas moins de 330 dans le centre de production de Granges (SO). Cinq cents emplois dans l’horlogerie et la bijouterie ont été proposés sur jobup.ch en novembre 2011 contre 118 au début de l’année dernière.
Même les banques embauchent. «Il faut distinguer gros secteurs et grands trends, explique Dimitri Djordjèvic. Les banques recrutent certes moins qu’auparavant mais, vu leur importance, notamment à Genève, c’est quand même dans ce milieu qu’on trouve aujourd’hui le plus de postes à pourvoir.» «Les profils les plus prisés sont liés aux réglementations internationales (compliance, risk management et relationship manager)», ajoute Charles Franier. Malgré les nombreuses suppressions de postes, toutes les banques sont concernées. Certains établissements, comme la banque privée Gonet, ont triplé leurs effectifs ces quatre dernières années. Sur jobup.ch en janvier 2011, 1839 offres relevaient de la banque et de la finance. On en trouvait encore 1598 en novembre dernier. Quant aux assurances, elles ont annoncé le mois dernier avoir 1153 postes à pourvoir à travers le pays. Ce qui confirme la tendance: en 2005, le secteur générait en Suisse 42?000 emplois contre plus de 49?000 l’année dernière.
Autre expansion importante, surtout du côté de Genève, celle du négoce de matières premières. «La demande est forte, poursuit Charles Franier. Notamment dans les postes de «trade finance», qui relèvent du financement des opérations liées aux matières premières.» Ce n’est pas pour rien que son agence vient d’ouvrir une division spécialisée en négoce. Pour Geert Descheemaeker, secrétaire général de la Geneva Trading and Shipping Association, s’il y a ralentissement dans le négoce des matières premières, il n’en demeure pas moins que le secteur continue de chercher activement. Notamment auprès des jeunes. «Opérateurs, contrôleurs, auditeurs, comptables et analystes sont prisés.» «Je conseillerais le négoce à mon enfant. C’est du long terme, répond Franca Tufo, de l’agence spécialisée dans le secteur des matières premières, du shipping et de la finance TBS. Nous aurons toujours besoin d’échanger nos ressources telles que riz, blé, sucre, café ou coton.» Quelque 6000?personnes travaillent dans le milieu au bout du lac. Contre 3000 dix ans plus tôt.
La santé, finalement. Quelque 85?000 employés viendront à manquer d’ici à 2020, 60?000 pour remplacer les départs à la retraite, 25?000 pour faire face à l’augmentation des besoins liés au vieillissement de la population, selon une étude de l’Observatoire de la santé (OFS) publiée en février 2009. «Elle reste valable aujourd’hui», indique Sonia Pellegrini, responsable de domaines de compétences à l’OFS. Dimitri Djordjèvic estime qu’il y aura pénurie de médecins et d’aides-soignants dans une dizaine d’années. Celle des infirmiers est déjà effective. Les efforts pour répondre à la demande sont pourtant importants: l’Office fédéral de la statistique indique que le nombre d’emplois liés à la santé a augmenté de 27,9% entre 1995 et 2005 contre 4,2% dans le reste de l’économie. «La poussée démographique, conclut David Talerman, de Travailler-en-suisse.ch, suggère que même en cas de crise durable les manques seront importants dans le futur, que ce soit dans la santé ou ailleurs.»
les métiers de la santé sont l'avenir puisque les gens vivent de plus en plus longtemps (pour le moment en tout cas).
aussi c'est vrai qu'il faut promouvoir les apprentissages car beaucoup trop de jeunes veulent à tout prix faire des études et souvent ce sont les parents qui les y poussent. Or, il y a bien trop d'étudiants qui se retrouvent sans travail ensuite.
bonsoir, j'aimerais bien savoir comment il se fait que au bout de 20 mois je n'ai toujours pas retouvé de travaille dans l'informatique avec pluis de 15 ans dans le domaine et plus de 10 ans en milieu bancaire, comment est-il possible d'écrire d'une façon aussi généraliste, est-ce la personne qui a collecté les informations sait le nombre exact de profession regroupé sous le mot informatique manifestement la réponse est non !!!!!, j'ai envoyé mon CV à un de ses cabinets cités dans l’article, un m'a répondu qu'ils n'ont rien, et un autre n'a pas répondu, il est irresponsable d'écrire ce genre de chose, en plus il y a annonce aujourd'hui que le chômage augmente, alors elle est ou l'embauche ??
Hahaha! L'horlogerie engage? Il faut encore voir qui elle engage...
C'est sans aucuns doutes un des marché du travail les plus verrouillé. Des frontaliers montés dans la hiérarchie des différentes marques horlogères n'engagent plus que des frontaliers, de préférence leur famille, amis ou voisins peu importe qu'ils soient compétents ou non. Ils sous-traitent également de plus en plus chez de leurs compatriotes avec la baisse de qualité qu'on connait.
Ce n'est pas un hasard si Tag Heuer va installer sa nouvelle usine à Chevenez, qui n'est pas reputée pour abriter un grand bassin de population, mais qui est située à moins de 10km de la frontière française. Pas un hasard si toutes les manufactures horlogères sont toujours à moins de 20km de la frontière.
Quand j'entends parler d'horlogerie "Suisse", pour moi ce n'est qu'un argument commercial mensonger.
http://www.24heures.ch/actu/economie/tag-heuer-va-investir-25-millions-j...