INDUSTRIE

La faiblesse de l’euro encourage des PME suisses à délocaliser

Par EMMANUEL BARRAUD le 29.06.2010 à 00:01

Le président de l’association faîtière Swissmem l’affirme: avec une devise européenne à 1?fr.?30, il n’est plus possible d’obtenir des marges en produisant en Suisse.

La chute semble inexorable. Hier encore, l’euro a perdu près de deux centimes par rapport au franc suisse, pour s’établir à 1?fr. 335 en fin d’après-midi. Une bonne nouvelle pour les touristes, qui se frottent déjà les mains à l’idée de manger pour moins cher aux bonnes tables d’Italie ou de France. Mais une catastrophe annoncée pour les entreprises, surtout celles qui sont actives dans l’industrie et qui – presque par définition – travaillent beaucoup avec les pays de l’Union européenne. Car les produits suisses tiennent de moins en moins la comparaison avec leurs concurrents européens.

Johann Schneider-Amman a lancé un véritable cri d’alarme, jeudi dernier, lors de la Journée de l’industrie. Le président de Swissmem, association suisse des machines, des équipements électriques et des métaux, également conseiller national libéral-radical, n’a pas caché son inquiétude face au «vertige de l’euro»: «Avec un cours à 1?fr.?40, il est devenu un danger pour nos marges!» Trois jours plus tard, dans la presse alémanique, quelques centimes de moins l’amenaient encore à préciser son propos: «S’il atteint 1?fr.?30, nous n’aurons plus de marge du tout et nous ne pourrons plus investir», prévient-il.

Deux sociétés témoignent
Certaines entreprises ont anticipé cette chute. Hier, dans les colonnes du Tages-Anzeiger, Paul Oertli, patron du constructeur éponyme de machines de précision pour le travail du bois et des matières synthétiques à Bülach (ZH), avoue ainsi qu’il va multiplier par quatre ou cinq ses effectifs aux Pays-Bas. Alors même que le petit-fils du fondateur de la société pensait, il y a peu encore, fermer cette succursale. Non loin, à Jona (SG), Urs Spielmann ne cache pas le danger que courent les 62 employés de sa fabrique de pièces pour machines Feinstanz. «Nous partons du principe que l’euro va rester bas, explique-t-il. Nous devons désormais considérer l’option d’une délocalisation de notre production, alors qu’il était évident pour nous, jusqu’ici, que nous nous développerions dans la région.»

Rares sont les chefs d’entreprise prompts à s’exprimer sur un sujet aussi sensible. «Je ne peux pas les nommer, mais je sais qu’il y en a d’autres, et ce sur tout le territoire suisse», lâche Ruedi Christen, responsable de la communication de Swissmem.

La directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, Claudine Amstein, pense toutefois qu’il est trop tôt pour pouvoir mesurer l’ampleur de ce phénomène en terres romandes. «La baisse de l’euro n’est que l’un des paramètres dont les chefs d’entreprise doivent tenir compte à chaque fois que se pose la question de la concurrence internationale, estime-t-elle. Il n’y a donc pas une réponse unique à apporter à ce problème. Mais il montre que rien n’est jamais acquis dans la production industrielle en Suisse.»

Le cas de Bobst, qui s’apprête à étendre ses activités à Mex, est exemplaire du chemin que peut prendre l’industrie en Suisse pour manœuvrer entre ces écueils: celui de la très forte valeur ajoutée. «Ce que nous produisons sur chacun de nos sites, que nous transformons en centres d’excellence, requiert un très haut niveau de spécialisation et ne peut donc pas être délocalisé facilement, explique Joseph Santoro, porte-parole. La Suisse comporte de très grands avantages pour un certain type de produits. Mais nous devons avoir la garantie de conditions-cadres solides.» Claudine Amstein confirme. «Mais certains pays émergents commencent à nous talonner, même dans les réalisations les plus pointues», prévient-elle toutefois.

«Au pire moment»
Délocaliser une partie de la production est peut-être une partie de la réponse. Se rallier à un grand groupe ou travailler à la diminution des coûts, notamment en achetant la matière première dans la zone euro, peut également soulager les affaires. «Certains suivent ces pistes, qui pourraient garantir la survie de ces entreprises. Mais cela suppose d’abandonner quelques postes de travail en favorisant les plus spécialisés. Dans tous les cas, cette baisse de l’euro intervient au pire moment, car nous étions juste parvenus à stabiliser les emplois après la crise», conclut Ruedi Christen.

Sondage

Les réseaux de soins, une bonne formule?




SEARCH.ch

Commerce

Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
A vos grils, prêts?
Nous nous sommes procuré les conseils les plus avisés Plus

En coopération avec:

Homegate

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter lu-ve 7h30-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 824 124, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Service clients CP 585 - 1001 Lausanne

Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




Le monde en images

Sondage

Faut-il abolir la «lex Koller», qui limite la vente des résidences secondaires aux étrangers?




Dernières offres

Marché