Pour son premier chantier sur le marché espagnol, Félix Constructions a décroché non pas la lune, mais une tour de 41?étages et d’une hauteur de 165?m. Ce qui, pour un façadier, revient au même… Le contrat se monte à 50 millions de francs pour le compte du premier producteur mondial d’énergie éolienne, Iberdrola. Portant sur trois ans, le mandat implique 48?000?m2 de façades à livrer. Iberdrola, multinationale d’origine basque, est spécialisée dans l’énergie électrique et gazière. Le gratte-ciel, qui abritera son quartier général, est donc logiquement construit à Bilbao, juste en face du Musée Guggenheim.
La somme est coquette: elle représente presque l’équivalent du chiffre d’affaires réalisé par Félix en 2009 (55 millions de francs). De plus, Félix a décroché le plus important contrat de son histoire à la veille de la crise. Cumulé aux autres mandats déjà en cours pour 2010, ce projet permet à la société de voir l’avenir en rose. Elle s’estime à l’abri du ralentissement jusqu’en 2011. Sans parler des retombées en termes de notoriété.
«Nous sommes convaincus que ce chantier va nous faire grandir. Nous n’avions encore jamais fait quelque chose d’aussi haut et avec autant de défis à relever!» s’enthousiasme Jean-Blaise Berclaz, directeur du projet.
Parmi ces défis, ce dernier retient notamment l’adaptation à un nouveau marché et donc à une nouvelle culture. Avec à la clé la gestion et la formation de sous-traitants, plus nombreux que d’ordinaire, et des contraintes logistiques particulières. Sans oublier les contraintes techniques liées à la hauteur et aux volumes particuliers de l’édifice (lire ci-dessous).
Originale, la tour Iberdrola se devait de l’être, puisqu’elle est le fruit des plans de Pelli Clarke Pelli, bureau fondé par le célèbre architecte américano-argentin Cesar Pelli, connu notamment pour ses réalisations d’une hauteur vertigineuse (parmi lesquelles les tours Petronas en Malaisie).
Dans la cour des grands
Collaborer avec des enseignes de renom n’est en revanche pas une première pour le façadier vaudois. Au fil du temps, depuis son premier contrat décroché outre-Manche, en 1990, Félix Constructions s’est forgé une belle réputation, notamment dans la gestion de projets complexes. Félix a ainsi signé les façades en verre dépoli de la Tate Modern, des Suisses Herzog & de Meuron, et d’autres réalisations high-tech, pour le compte des Anglais Norman Foster et Richard Rogers… La PMI vaudoise ne boude pas son plaisir de jouer dans la cour des grands, à un niveau international. Après l’Angleterre (où elle réalise près de 60% de son chiffre d’affaires), puis le Luxembourg, le marché espagnol est une nouvelle porte qui s’ouvre.
Félix ne dédaigne pas pour autant sa terre natale. Après avoir œuvré à la réhabilitation de l’immeuble Rolex à Genève, ou de Nestlé à Vevey, la société a déjà plusieurs mandats romands dans le pipeline.
Une tour où aucun étage n’est identique aux autres
De silhouette légèrement conique, la tour Iberdrola se présente, en coupe, sous la forme d’un triangle isocèle aux côtés convexes.
«Ce bâtiment pose un problème particulier de géométrie», explique Jean-Michel Tromme, architecte chez Félix. L’équipe de l’entreprise vaudoise a travaillé sur des logiciels en 3D, afin de concevoir un système permettant une précision au millimètre au moment de poser les 5400 éléments de la façade qui seront livrés au final.
La durée de fabrication et d’installation s’étale sur treize?mois. «Nous posons un étage par semaine», confie Jean-Blaise Berclaz, directeur du projet. Un exemple donne la mesure des défis propres à ce chantier. Aucun étage n’est semblable aux autres, puisque le bâtiment rétrécit depuis sa base jusqu’au sommet. «On passe de 150 éléments de façade à la base à une vingtaine en moins au sommet. Et chaque angle est différent, c’est pourquoi nous les faisons sur mesure», précise encore Jean-Blaise Berclaz. «C’est notre atout: nous sommes des spécialistes du sur-mesure», souligne Jean-Michel Tromme.
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