Dans l’affaire des données volées à la HSBC, la logorrhée des autorités françaises est à la mesure de la discrétion privilégiée par les Suisses. Le Ministère public de la Confédération refuse toujours de communiquer sur un cas dont la procédure est en cours. Jeanette Balmer, porte-parole du Département fédéral de justice et police, a rappelé hier qu’elle ne se prononcerait pas sur tous les détails parus dans la presse hexagonale. Quant à la banque, elle maintient ses déclarations. «Je le répète, dit le porte-parole de HSBC Private Bank. A notre connaissance, les données volées concerneraient moins de dix clients, lesquels ont tous été informés par nos soins. En outre, si nous sommes effectivement très occupés à rassurer nos clients, il n’y a pas de mouvement de panique.»
Pourtant, les autorités françaises cherchent toujours à déstabiliser la partie adverse. Avant-hier, le procureur de Nice, Eric de Montgolfier, affirmait dans les colonnes du Journal du Dimanche que les fameuses données volées à la Banque HSBC concerneraient 130?000 noms, dont environ 4000 sociétés ou particuliers français.
Dénoncé par un proche
Le grand écart est donc toujours plus béant entre les déclarations des autorités hexagonales et celles de la banque. Comment une telle disparité est-elle possible? Mystère. Des sources proches de la banque prétendent que l’établissement bancaire tenterait depuis une semaine d’obtenir des informations de la part du Ministère public de la confédération ou de la justice française. En vain.
C’est en 2008 que Berne se saisit de l’affaire et envoie ses limiers surveiller l’informaticien de HSBC Hervé Falciani. Sur demande de la banque? Pas du tout. Selon des informations obtenues par 24?heures, l’homme aurait été dénoncé par l’un de ses proches, qui était au courant de ses agissements.
Le 22 décembre 2008, Hervé Falciani est arrêté, présenté à un juge fédéral et son ordinateur confisqué. Pour une raison obscure, Hervé Falciani est relâché le lendemain de son arrestation par la justice helvétique. A l’issue de la confrontation, la banque genevoise est informée des faits et dépose une plainte.
Falciani en profite alors pour quitter la Suisse et s’installer près de Monaco. Ce départ précipité, qui ressemble à une fuite, convainc le Ministère public de la Confédération d’adresser à la France, en janvier 2009, une demande d’entraide judiciaire.
Comme l’informaticien réside désormais près de Nice, c’est Eric de Montgolfier qui est saisi de l’affaire. Celui-ci ordonne alors une perquisition au domicile du suspect au mois de janvier 2009. Chez ce dernier, qui se montre immédiatement prêt à collaborer avec la police, les enquêteurs saisissent un ordinateur qui contient essentiellement des données cryptées de la banque.
Un décryptage rendu possible par la Suisse?
Si ceux-ci parviennent finalement à en prendre connaissance, c’est, disent-ils, grâce aux autorités helvétiques qui leur auraient fourni les clés informatiques nécessaires au décryptage. Une hypothèse qui, tant qu’elle n’aura pas été confirmée soit par la banque, soit par la justice, restera sujette à caution tant on imagine mal le Ministère public de la Confédération fournir à la France la possibilité de lire des données bancaires confidentielles.
Quoi qu’il en soit, en détaillant les données devenues lisibles, Eric de Montgolfier croit détecter des indices suggérant des actes illicites liés à des opérations de blanchiment d’argent et ordonne une enquête. A partir de cet instant – détail d’importance –, la procédure interdit tout retour en Suisse des données volées à la HSBC.
Sur France 2, dimanche soir, l’informaticien soulignait qu’il n’avait jamais voulu monnayer ses révélations. Une affirmation démentie par une source interrogée hier par 24?heures , qui confirme une information selon laquelle Hervé Falciani aurait, dans un premier temps, tenté de vendre ses données aux autorités libanaises.
L’Italie encaisse
AMNISTIE RECORD
La troisième amnistie fiscale lancée par le gouvernement italien, dont la date butoir a été fixée à aujourd’hui, a connu un succès record. Selon les premières indications, elle dépasserait même, en un coup, les deux amnisties fiscales précédentes. Ainsi, d’après des fuites de l’administration fiscale italienne, quelque 100 milliards d’euros d’argent au noir auraient été légalisés.
FISC HEUREUX
Le ministre italien de l’Economie, Giulio Tremonti, peut se frotter les mains. Sûr de lui, il avait déjà inscrit au budget 2010 une entrée fiscale exceptionnelle de 3,7 milliards d’euros, obtenue grâce au Scudo. En clair, Rome espérait au mieux le rapatriement de 80 milliards d’euros. Toujours selon le fisc italien, 5 milliards d’euros seraient déjà entrés dans les caisses.
DÉLAI EN AVRIL
Tremonti ne communiquera qu’à la fin du mois sur le montant exact obtenu au 15 décembre. Mais son ministère a déjà consenti un délai, au 30 avril 2010, pour un certain nombre de contribuables, notamment pour les travailleurs frontaliers.
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