Ses arguments: «Un double départ, à la tête d’UBS, ne serait pas bon pour la banque.» Peut-être… Mais, en vérité, rares sont les voix qui défendent encore la présidence de l’ancien homme lige de Marcel Ospel et, surtout, de celui qui officia, dans les années 2000, c’est-à-dire les années Birkenfeld, en tant que directeur des affaires juridiques.
Ainsi, pour Walter Wittmann, professeur d’économie à l’Université de Fribourg, l’affaire est entendue: «Marcel Rohner est clairement un bouc émissaire. Peter Kurer doit également s’en aller. Comme ancien responsable juridique, il porte la responsabilité au moins morale de ce désastre. Le problème, en Suisse, est que l’incompétence n’est pas un délit pénal!» L’actuel président – qui a succédé à Marcel Ospel au printemps 2008 – traîne en effet deux boulets: son passé commun avec le Bâlois, tout d’abord, où il «liquida» Swissair, sur les ordres de son patron. L’affaire de la fraude fiscale aux Etats-Unis, ensuite. Ainsi, le milliardaire ukrainien Igor Olenicoff, client du gérant de fortune d’UBS Bradley Birkenfeld et récemment condamné pour escroquerie fiscale par la justice américaine, vient de déposer une plainte contre Peter Kurer «pour avoir couvert le système UBS».
Mais, si tout le monde (y compris le vice-président, Sergio Marchionne) est unanime pour exiger un changement à la tête de la grande banque, personne n’ose véritablement avancer de noms: «Il faut, explique ainsi Madelaine Hofmann, analyste chez Julius Bär, que son successeur connaisse parfaitement bien UBS.» Deux noms circulent ces derniers jours: celui de Philipp Hildebrand, vice-président de la BNS et ancien membre de la direction générale de la banque privée genevoise, UBP. Et celui de l’actuel patron de la Deutsche Bank, Joseph Ackermann, ancien directeur général du… Credit Suisse.
Mais Olivier Terrettaz avance encore une autre hypothèse: «UBS traverse une crise très sérieuse. Pour qu’elle en sorte, il faut une communication quasi immédiate entre le conseil d’administration et la direction générale. C’est pour cette raison qu’aujourd’hui Oswald Gruebel devrait cumuler les fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général.»
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