INTERVIEW

«Je vais jouer avec une légende»

Par Corinne Jaquiéry le 03.07.2009 à 00:02

Il n’en revient toujours pas, le pianiste star Lang Lang: dimanche, il sera en concert en duo avec son idole Herbie Hancock au Montreux Jazz Festival, sous la direction du chef John Axelrod.

A 27?ans, Lang Lang (en français: lumière et gentleman cultivé) est devenu l’un des pianistes les plus célèbres de sa génération à force de travail et d’abnégation. Son credo, dès l’âge de 3?ans? Etre No 1! Musicien hors normes entre le génie et le monstre, il est adulé en Chine et star aux Etats-Unis, où il vit la moitié de l’année.

– Lang Lang, que ressentez-vous à l’idée de partager un concert avec Herbie Hancock?
– Je suis très excité. Herbie Hancock est une légende et je vais le rencontrer sur scène pour tout un concert! C’est un honneur de jouer avec lui. Moi qui viens du classique, je me réjouis de l’entendre à nouveau improviser. De plus, John Axelrod est un ami et un excellent maestro. Nous allons bien travailler ensemble.

– Ecoutiez-vous Herbie Hancock enfant?
– Je n’écoutais alors que de la musique classique ou de la musique chinoise. J’ai connu le jazz lorsque je suis venu poursuivre ma formation aux Etats-Unis, à l’âge de 14?ans. J’ai tout de suite trouvé les musiciens de jazz formidables. Parmi les pianistes, j’aime particulièrement Chick Korea, Oscar Peterson ou Keith Jarret. Mais mon préféré a toujours été Herbie Hancock.

– Aujourd’hui, vous êtes célèbre dans le monde entier, avez-vous toujours des rêves?
– J’en ai réalisé un récemment: créer ma propre fondation, la Lang Lang international music fondation. Elle soutient de jeunes musiciens à travers le monde, financièrement mais aussi artistiquement. Je l’ai moi-même expérimenté: les enfants peuvent élargir leur champ de vision par la musique. Je désire leur montrer comment elle peut aussi les aider à accomplir leurs rêves.

– La musique est-elle le plus efficace des passeports pour parcourir le monde?
– Oui. Quand vous êtes musicien, les gens viennent vers vous spontanément. On peut se faire des amis dans le monde entier. Récemment, j’étais en Grèce. En visitant l’Acropole, je me suis senti impressionné, je dirais même transporté, par l’idée que la démocratie y était née, même si les Chinois ont aussi donné naissance à une grande civilisation.

– Etes-vous heureux de revenir en Suisse?
– Oui. La Suisse est un pays heureux… Qui m’a rendu heureux à chacun de mes concerts.

– Votre vie est-elle plus facile ou plus difficile aujourd’hui?
– Parfois plus confortable. Parfois plus difficile, car je suis très occupé. Quand j’étais enfant, j’étais très stressé. Je devais devenir No 1 (ndlr: à 4?ans à peine, Lang Lang s’exerçait entre six et huit?heures par jour. Son père trouvait que ce n’était jamais assez, précise-t-il dans son autobiographie Le piano absolu) . C’est un stress différent aujourd’hui. Heureusement, il y a le piano. Il m’arrive de ne pas en jouer pendant un ou deux jours et je me sens mal. Je suis un vrai drogué!…

Un livre: Le piano absolu. Lang Lang avec David Ritz. Lattès, 2008.
Un album: Lang Chopin: The piano concertos. Deutsche Grammophon (Universal).
Le concert: Montreux Jazz Festival, Auditorium Stravinski,dimanche 5 juillet (20?h).Location: Ticket Corner; www.montreuxjazz.com

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