Son bureau est envahi par des livres de science-fiction, des ouvrages scientifiques de référence et une littérature plus ou moins académique. A 38?ans, Patrick Gyger, le cheveu mi-long et la tenue décontractée, quitte son antre pour une visite des méandres de la Maison d’Ailleurs, à Yverdon. C’est avec fierté qu’il parcourt le nouvel Espace Jules Verne, inauguré en octobre 2008.
Mi-bibliothèque mi-salle d’exposition, le lieu comporte des statues et des bibelots représentant la conquête spatiale. Rien sur le 40e?anniversaire de la première marche lunaire? «Je ne fais jamais une exposition en lien avec les anniversaires, explique le trentenaire. J’ai pour principe d’être en décalage avec les tendances. Il y a plus de choses à écrire dans les blancs de la marge! Cela ne m’intéresse pas de faire ce que les autres font. Ce n’est pas du snobisme, je préfère simplement emmener le visiteur où il n’a pas l’habitude d’aller.»
Rien de lunaire pour 2009 dans la célèbre maison yverdonnoise. Pourtant, elle a déjà collaboré, par le passé, avec l’Agence spatiale européenne, dans le cadre de projets de recherche. «La science-fiction participe à la création du futur, elle est source d’inspiration technologique. C’est l’échelle qui mène à la Lune», conclut Patrick Gyger.
Questionnaire satellitaire et décalé
– Le 21 juillet 1969, vous n’étiez pas né. Quels sont vos plus lointains souvenirs associés au premier pas de l’homme sur la Lune?
–?J’aimerais pouvoir dire que j’ai des souvenirs liés à ces premiers pas sur la Lune, mais je crois que, enfant, c’était déjà vraiment du passé pour moi. Ce sont les stations spatiales, et surtout Mars, qui me fascinaient.
– Qu’est-ce que la Lune représente pour vous?
– Elle célèbre le génie de notre espèce, sa volonté d’aller au bout de ses rêves, tout en signifiant la mort du fantasme lui-même et l’amertume qui peut aller avec cette disparition. Mais, comme la Lune a une face visible et une face cachée, cette double signification lui va plutôt bien.
– Aimeriez-vous y marcher?
– Je suis partagé entre l’envie de signer tout de suite pour y aller et une certaine appréhension liée au risque de trop dévoiler, de rompre le mystère.
– Avez-vous déjà décroché la Lune?
–?J’ai l’impression de la décrocher fréquemment. Non pas en me fixant des objectifs difficiles à atteindre, mais au jour le jour.
– Quelqu’un a-t-il déjà décroché la Lune pour vous?
– Tous ceux qui ont décidé de transformer leur vie, d’une façon ou d’une autre, parce que j’étais dans leur orbite…
– La regardez-vous souvent?
–?Absolument, surtout si c’est la Lune rousse, la très belle Pink Moon de Nick Drake.
– Etes-vous souvent dans la Lune?
– Je ne suis pas un doux rêveur. Quand on est dans la Lune, on s’évade pour l’évasion. Moi, j’aime construire le rêve, l’accompagner d’actions. Le rêve, c’est le commencement de quelque chose et non pas une idée en l’air.
Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?