MUSIQUE

Peter Gabriel connaît ses classiques

Par Gilles Simond le 06.02.2010 à 00:01

Entre piano et cordes, il propose un best of des morceaux de ses collègues.

Il y a quelques semaines déjà que les auditeurs de France Inter peuvent déguster Book of Love, tiré du nouvel album de Peter Gabriel, Scratch my Back. Privilège du partenariat passé entre la chaîne et l’artiste . Comme le reste de l’album, Book of Love est une reprise, en l’occurrence un titre du groupe américain The Magnetic Fields, que Peter Gabriel avait déjà chanté en 2004 sur la bande sonore du film Shall we Dance?

Pour découvrir le reste de Scratch my Back, il faudra attendre le vendredi 12 février, date de la sortie officielle. Le lendemain, Peter Gabriel fêtera ses 60?ans. Des reprises pour cadeau? Le génial multi-instrumentiste aux 35 millions d’albums vendus, mais dont le dernier disque, Up, remonte à 2002, serait-il en panne de créativité?

«Scratch my Back (ndlr: gratte-moi le dos) fait partie d’un concept d’échange de chansons avec d’autres artistes. Cela permet des dialogues intéressants», explique-t-il sur son site internet. C’est ainsi qu’il revisite David Bowie, Paul Simon, Neil Young, Lou Reed, mais aussi des jeunes comme Arcade Fire ou Elbow. Un album baptisé I’ll Scratch Yours (ndlr: je gratterai le tien) devrait voir le jour, où tout ce beau monde reprendra des morceaux de l’«Archange».

Peter Gabriel s’est approprié les titres pour les réinterpréter à sa manière. Comme toujours, il s’est fixé des règles. Cette fois, c’était «ni guitare ni batterie». Ce qui l’a amené à se tourner vers les instruments classiques: piano, violons et cuivres accompagnent ainsi les douze titres.

«L’avantage de travailler sur des reprises, c’est de ne pas avoir la pression de produire la version définitive, car elle a déjà été très bien faite, explique le fondateur et premier chanteur de Genesis. Interpréter un morceau comme Heroes, de Bowie, que les gens portent en eux, c’est comme travailler sur un négatif. Il est possible d’en tirer quelque chose de différent de ce que le public connaît déjà.»

Voilà donc à nouveau Peter Gabriel là où on ne l’attendait pas. Le Britannique a innové au temps de Genesis en introduisant maquillages et costumes de scène. Il a quitté le groupe au moment où celui-ci devenait un géant, prenant la peine de prévenir ses coéquipiers des mois à l’avance. Pionnier en matière de technologie, il fut l’un des premiers à enregistrer en digital, avant d’explorer les possibilités du CD-ROM. Il a transformé ses concerts en formidables machines scéniques, mettant en branle toute une machinerie de plateaux tournants et utilisant les minicaméras pour se filmer en direct. Pionnier de la world music, il a collaboré avec d’innombrables artistes avant de s’engager en faveur de causes humanitaires.

Peter Gabriel effectue maintenant un retour à la source: le texte. «L’art d’écrire des chansons est ce qui m’a amené à la musique, poursuit-il. J’ai toujours voulu chanter les morceaux des autres. Je le faisais de temps en temps, mais cela ne m’avait jamais mené à un album de reprises.»

www.petergabriel.com

 

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