EXPOSITION

La Maison d’Ailleurs au pays des merveilles de Mervyn Peake

Par FRÉDÉRIC RAVUSSIN le 15.10.2009 à 00:01

Le musée yverdonnois s’ouvre à un artiste anglais qui n’a pas toujours été servi par son éclectisme. Ecrivain ou illustrateur, l’homme n’a jamais su choisir et sa réputation en a souffert.

La vie de Mervyn Peake, c’est un peu l’histoire d’un écrivain qui dessinait ou d’un illustrateur qui écrivait, tant l’œuvre de l’Anglais est éclectique. «De nos jours, Mervyn Peake est considéré comme un écrivain culte, notamment pour sa trilogie de Titus . Mais de son temps (ndlr: né en 1911, il est mort en 1968) , il devait avant tout sa réputation à son œuvre graphique», souligne Patrick Gyger, directeur de la Maison d’Ailleurs.

Conscient de la «terrible injustice» dont il se rend coupable, c’est surtout ce dernier aspect du travail artistique de Peake que le musée yverdonnois de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires expose depuis quelques jours. Et tant pis si l’institution ne fait qu’évoquer ses écrits, qui ont finalement fait connaître son nom. «C’est aussi notre rôle d’exhumer certains artistes pas forcément connus du grand public», reprend Patrick Gyger.

Pourtant, il y a fort à parier que nombre d’entre nous ont un jour ou l’autre jeté un œil sur un dessin de Mervyn Peake. Sans doute un œil d’enfant, l’artiste ayant particulièrement usé ses crayons pour illustrer des classiques de la littérature pour les jeunes, tels L’île au trésor, Les contes de Grimm, ou encore Alice au pays des merveilles. La prochaine sortie de l’adaptation cinématographique d’Alice… par Tim Burton devrait d’ailleurs être l’occasion d’une réédition du célèbre roman de Lewis Carroll, mis en images par Peake.

Première(s)
Il n’est toutefois nullement besoin d’attendre pour découvrir le talent graphique de Mervyn Peake, puisque de nombreux dessins tirés de ce roman sont exposés à Yverdon-les-Bains. Mais pas seulement, pour le plus grand bonheur de Sebastian Peake, l’un des fils de l’artiste: «C’est la première grande exposition consacrée à mon père depuis vingt-deux ?ans. Mais c’est surtout la plus grande jamais montée. C’est un rêve qui devient réalité et j’en suis très fier.»

L’hommage touche évidemment Patrick Gyger. «C’est effectivement une exposition exceptionnelle et historique, puisqu’elle est aussi la première conçue hors des îles Britanniques.» Mais, à un an du centenaire de la naissance de Mervyn Peake, il y a fort à parier qu’elle pourrait retraverser la Manche et, qui sait, faire escale sur la petite Sercq, l’une des cinq îles anglo-normandes sur laquelle l’artiste a passé une partie de sa vie.

«Lignes de fuite: l’œuvre illustrée de Mervyn Peake» est à découvrir à la Maison d’Ailleurs, Yverdon-les-Bains, jusqu’au 14 février.

Me-ve (14-18?h), sa-di (11?h-18?h).

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