Il a une certaine allure sur la plupart de ses photos. Mais c’est un rien avachi et grassouillet, les cheveux trop longs et mal teints, que Russell Crowe se présente dans son dernier film, Jeux de pouvoir, sorti mercredi.
En revanche, le comédien se révèle très crédible dans ce thriller politico-médiatique sur fond de scandale sexuel, rondement mené par Kevin MacDonald. Cette fois, il a enfilé un costume de journaliste d’un grand quotidien de Washington. Chargé, avec une jeune collègue, d’enquêter sur le meurtre de la maîtresse d’un sénateur, il va mettre son nez dans une vaste machination avec plein de milliards à la clé.
Mouflet dans Spyforce
La diversité dans ses choix est l’atout du charismatique, fougueux et bagarreur Russell Crowe. Depuis une douzaine d’années, il tient l’affiche aux Etats-Unis. Une éclosion planétaire un poil tardive pour ce natif de Nouvelle-Zélande, qui possède également la nationalité australienne. Ses parents, partis s’établir au pays des kangourous et cantiniers pour la télévision du cru, ont grandement facilité l’accès aux plateaux de leur fiston. Qui s’est retrouvé tout mouflet dans l’épisode d’une série, Spyforce.
Bien plus tard, rentré en Nouvelle-Zélande pour finir ses études, il s’intéresse à la musique et participe à la création d’un groupe, les Roman Atrix. Ensuite, il mange un peu de vache enragée avant de plonger dans le milieu qui lui était destiné. Sharon Stone lui met véritablement le pied à l’étrier. Après l’avoir vu en skinhead dans Romper Stomper en 1992, elle retarde le tournage de Mort ou vif pour lui permettre de faire partie du projet.
Gladiateur oscarisé
Russell Crowe s’impose définitivement dans la Mecque hollywoodienne avec son personnage de flic brutal dans L.A. Confidential de Curtis Hanson, en 1997. On le retrouve deux ans plus tard aux côtés d’Al Pacino dans Révélations de Michael Mann, pour lequel il est nominé à l’Oscar de l’interprétation masculine.
Ce prix, il le recevra l’année suivante pour Gladiator de Ridley Scott, son plus grand rôle et l’apogée de sa carrière. En 2002, il devient un mathématicien schizophrène dans Un homme d’exception, qui lui vaut encore une nomination à l’Oscar. Prouvant qu’il est aussi bon en intello qu’en général romain, et de surcroît le seul comédien à avoir pu prétendre trois fois de suite à la fameuse statuette.
Acteur fétiche de Ridley Scott, il a tourné quatre films avec lui depuis 2006 (Une grande année, American Gangster, Mensonges d’Etat), le réalisateur lui ayant par ailleurs confié le rôle-titre dans Robin Hood. La sortie est prévue en mai prochain aux Etats-Unis.
Côté vie privée, Russell Crowe, marié, deux enfants, descendant d’une grand-mère maorie et d’un ancêtre norvégien, a un frère aîné et deux cousins champions de cricket, l’autre sport roi chez les Kiwis avec le rugby. Quand il ne tourne pas, il joue au gentleman-farmer dans son ranch style Arche de Noé, où il élève toutes sortes d’animaux.