Les notes rondes de sa contrebasse résonnent encore avec bonheur dans les oreilles de ceux qui suivaient ses nombreux projets. Mais il va falloir s’habituer au silence puisque Popol Lavanchy est décédé ce matin, à l’âge de 63 ans, des suites d’un cancer à son domicile de Renens.
Personnage de la nébuleuse jazz romande, l’homme à la barbe hirsute et au petit bonnet de laine n’était pas venu directement à la musique, lui préférant tout d’abord des études de psychologie. Ensuite, cet originaire du Pays-d’Enhaut avait fait montre d’un appétit d’ogre musical en multipliant les formations, dès le milieu des années 1970. Au début des années 1980, le groupe Point Chaud l’amène déjà jusqu’au Festival de Vienne. Il enchaîne avec Tierce, où l’amateur de Mingus rend hommage à son maître. Le Quintet Popolien prendra ensuite le relais, avec des géométries variables.
Avec Jean-François Bovard, Popol Lavanchy fonde aussi en 1995 l’Association Eustache, très active dans les spectacles musicaux de toutes sortes, mêlant les genres et incorporant parfois les comédiens (Claude Thébert, par exemple, dans l’Hommage à Omar Kayam). L’esprit associatif convenait bien à cet infatigable activiste de la cause musicale, qui aimait multiplier les rencontres et se sentait très à l’aise avec la jeune génération. Le Trio Poursuite était encore une autre de ses montures avec Diego Marion et Jean Rochat.
Le contrebassiste a quitté les rivages de la vie en recherchant la sérénité, et en écoutant encore et toujours cette musique qui avait fait battre son cœur.