CHANSON

Emmanuelle Seigner: «Je suis une dingue de la vie»

Par BORIS SENFF le 04.02.2010 à 00:01

Emmanuelle Seigner n’est pas que la femme de Roman Polanski. C’est aussi une actrice et une chanteuse qui sort l’album "Dingue", où elle chante l’amour équivoque avec son mari.

Pas facile de vendre son dernier album quand son homme est en prison. Emmanuelle Seigner a attendu quelques semaines et l’assignation à résidence à Gstaad de Roman Polanski avant de sortir Dingue , son deuxième album. Coup de fil à une actrice qui vient grossir le rang des chanteuses. Une de plus? «Les actrices ont toujours chanté, de Monroe à Moreau. En bien ou en mal.»

– La musique, c’est la continuation du travail d’actrice avec l’invention d’un personnage qui chante, ou un exercice de sincérité?
–?Pour moi, c’est une libération. En tant qu’actrice, je ne suis jamais complètement libre, il y a toujours un réalisateur ou un partenaire autour du personnage. Je ne dis pas que c’est mal mais, au cinéma, je suis plus soumise. Il y a une part de liberté qui manque.

– Pour le disque, c’est tout de même Keren Ann et Doriand qui ont tout écrit, non?
–?J’ai donné des directions. Ensuite, elle a tout écrit avec Doriand. Je voulais l’album joyeux, profond, qu’il y ait de l’humour. Elle me faisait entendre ses chansons et, au final, je les ai toutes prises. Il y avait juste P’tite pédale, qui s’appelait Vieille pédale au début, et ça ne me plaisait pas.

– Et «dingue», vous l’êtes?
–?Pas une dingue d’hôpital psychiatrique, mais une dingue de la vie, extrêmement sympathique…

– Vous jouez aussi avec le groupe de rock Ultraorange. Les mots «Sex, drugs & rock’n’roll», ça vous parle?
–?Le rock, j’ai toujours aimé, depuis que je suis ado. Mais le mode de vie… ( elle réfléchit ) pas du tout! Déjà que je ne bois pas une goutte d’alcool. Et je pense que c’est un peu dépassé: on est dans une nouvelle ère, maintenant.

– Mais vous aimez quand même la provocation: sur plusieurs titres, vous jouez – sauf votre respect – avec l’image de la salope?
–?Oui, mais il y a beaucoup d’humour, c’est un jeu sur les clichés de la célébrité, de la séduction. Je le revendique complètement.

– Iggy Pop, qui chante avec vous sur le titre La dernière pluie, vous l’avez rencontré comment?
– C’est une idée de Keren, elle lui a posé la question pendant une émission TV. J’avais des doutes… Mais trois mois plus tard, ça se faisait. J’étais ravie, je l’admire, et lors de ma première tournée j’avais repris I’m Sick of You, des Stooges ( ndlr: premier groupe mythique d’Iggy Pop) .

– La sortie de votre album, prévue à la fin de l’an dernier, a été repoussée suite à l’arrestation de Roman Polanski. Avez-vous été tentée d’éliminer du disque le duo avec votre mari, Qui êtes-vous?
–?C’était une manière, avec mes petits moyens, de lui donner sa première chanson alors qu’il m’a donné mon premier rôle dans un grand film (ndlr: Frantic, en 1988), le premier d’une série de trois. Le but était pur et beau, je n’y vois aucun mal, aucune ambiguïté. A moins d’avoir l’esprit mal tourné, il n’y a rien à gratter.

– Le dialogue est assez tendancieux, avec votre époux face à une jeune fille…
–?Je suis une femme de 43?ans, pas une jeune fille en fleur! Vous n’y êtes pas du tout. C’est l’histoire d’une fille qui se réveille le matin après s’être bourré la gueule et qui ne reconnaît pas la personne à côté d’elle.

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