LITTÉRATURE

Le dernier né de Marc Levy en librairie

Par Pascale Frey le 23.06.2010 à 00:01

L’écrivain français Marc Levy publie Le voleur d’ombres, son onzième roman en dix ans, avec toujours la même liberté créatrice. Et des doutes identiques, malgré les chiffres de vente faramineux de ses précédents ouvrages.

Ponctuel, Marc Levy n’a pas manqué son rendez-vous annuel avec les lecteurs: un nouveau roman pour l’été, qu’il préfère à la rentrée de septembre. Voici donc Le voleur d’ombres, dans lequel le romancier français qui vit à New York et qui vend des livres dans le monde entier se pose une question qui nous a tous traversé l’esprit un jour: «Et si l’enfant que vous étiez rencontrait l’adulte que vous êtes devenu...»

– Vous souvenez-vous du moment où vous avez su que cette idée deviendrait un roman?
–?Un jour, dans un parc, j’ai vu un grand-père et son petit-fils assis sur un banc. Leur ressemblance était touchante. Mais ce qui était étonnant, c’est que le petit garçon semblait très sérieux alors que le vieux monsieur avait l’air jovial. Cette inversion de situation m’a poussé à me poser cette question: et si l’enfant que nous avons été rencontrait l’adulte que nous sommes devenu, s’entendraient-ils bien ensemble?

– Alors, est-ce que le petit Marc s’entendrait bien avec le Marc auteur de best-sellers?
–?Je pense que je ne l’ai pas trahi. J’étais un peu comme mon personnage, un enfant timide, rêveur, assez solitaire. Mais, contrairement à lui, mes parents étaient très unis.

– On a l’impression que vous ne manquez jamais d’idées parce que vous ne vous interdisez rien et que les choses les plus extravagantes qui vous passent par la tête peuvent devenir un roman...
–?Absolument. L’important est de regarder ce qu’on écrit, pas de se regarder écrire. La seule chose que je m’interdise est de reprendre quelque chose qui a déjà été fait. J’aurais adoré, par exemple, retravailler le thème de Replay , de Ken Grimwood: l’histoire de cet homme qui meurt à 43?ans et a la possibilité de recommencer sa vie avec toute l’expérience de celle qu’il a déjà vécue. Mais je ne le ferai pas.

– Chacun de vos livres a remporté un énorme succès. Continuez-vous à avoir le trac lorsque vous publiez un nouveau roman?
–?Enormément. C’est comme pour un spectacle, même si tous les tickets ont été vendus, cela n’empêche pas l’artiste d’avoir le trac. Si la salle est pleine, vous avez encore plus peur que si elle est vide!

– Envisagez-vous parfois que vous puissiez ne plus avoir d’idées, ou que les lecteurs n’aiment plus vos livres?
–?Bien sûr, mais il y a trop de choses et de gens qui comptent dans ma vie pour que cela soit une catastrophe. Ce n’est pas une maison qui brûle: ce que vous avez vécu, vous l’avez vécu.

– Y a-t-il un de vos livres que vous préférez?
–?J’ai toujours un attachement particulier pour le dernier. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir accompagné ce personnage à l’aéroport ou à la gare et que je ne vais plus le voir pendant un moment.

– Ecrivez-vous toujours de la même manière? Suivez-vous des rituels?
–?En général, je consacre quatre mois à l’écriture de mon roman, en travaillant de dix à quinze heures par jour, sept jours sur sept. Certains livres ont nécessité de la documentation, d’autres n’en ont pas besoin, comme Le voleur d’ombres. Certaines idées ont mûri pendant plusieurs années, d’autres deviennent très vite une histoire. Et j’adore ce que je fais, j’espère que ça durera le plus longtemps possible.

– Vous êtes devenu écrivain grâce à votre fils, Louis, à qui vous racontiez des histoires. Aujourd’hui, vous venez d’avoir un bébé. Aimeriez-vous écrire pour les enfants?
–?J’y ai souvent pensé. Mais c’est encore mieux d’écrire pour les deux: j’ai des lecteurs de 11-12?ans. Et d’autres de 85?ans!


CRITIQUE

Un reste d’esprit d’enfance

Le dernier roman de Marc Levy n’est pas tout à fait comme les autres. Plus précisément, enfant pas comme les autres, son jeune narrateur se distingue nettement des héros de ses deux romans précédents – à multiples rebondissements romanesques et sentimentaux aux quatre coins du monde (Le premier jour et La première nuit).

De fait, ce garçon marqué initialement, auprès de sa mère aimée, par la défection du père a cela de particulier qu’il ressent, avec une acuité vive, le malheur des autres. Plus encore, il a le don spécial d’entrer en communication avec les ombres d’autrui, fussent-ils ses ennemis.

C’est ainsi que celle du grand Marquès, qui le persécute, vient se réfugier auprès de lui en se plaignant de son imbécile de proprio… La chose pourrait sembler un brin kitsch, mais l’auteur est assez habile pour la tenir dans la zone irrationnelle du conte, non sans charme. Non sans tensions, aussi. Car les épreuves ne sont pas épargnées au jeune garçon, comme à tout un chacun, qui, fort probablement, retrouvera chez lui des souvenirs de sa propre enfance. Du moins les «vraies valeurs» et l’amitié d’Yves, son aîné gardien de lycée qu’il sauve miraculeusement d’un incendie, lui vaudront-elles de grandir, à tous les sens du terme, tout en gardant en lui quelque chose de pur qu’on nommera, simplement, l’esprit d’enfance. Pas besoin d’être sorcier pour voir, enfin, une analogie entre celui qui «vole» les ombres, pour en tirer plus de lumière, et le romancier lui-même…

J.-L. Kuffer

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