VERDURE

Les commandos de jardiniers passent à l’action

Par JULIEN PIDOUX le 22.03.2010 à 00:01

Début du printemps oblige, les amoureux de la nature se lancent à l’assaut des villes. Opération de plantation de tournesols ou grenades remplies de graines, le guerilla gardening débarque.

Le vert passe à l’offensive. On connaissait les eco-warriors, ces partisans du développement durable qui ont choisi la manière forte, comme les marins de Greenpeace, empêcheurs de pêcher la baleine en rond. Voici maintenant les guerilla gardeners .

Adeptes de la décroissance, déçus de la gestion paysagère dans les villes ou simples amoureux des plantes, ils quadrillent les rues, localisent les endroits peu hospitaliers et ciblent les friches. Et à coups de plantes ou de petites graines, ils agissent. De manière clandestine, souvent. Au grand jour, parfois, comme les planteurs de tournesols lausannois.

Dernière méthode utilisée: le seed bombing, ou grenades de graines. De petites boules composées d’argile, de compost et de graines de plantes, que l’on lance là où le vert manque. En prenant soin, évidemment, de dégoupiller uniquement des semences indigènes et annuelles, histoire de préserver la biodiversité.

Le mouvement est né du côté des Etats-Unis, mais a trouvé un fer de lance en la personne de Masanobu Fukuoka, microbiologiste japonais devenu chantre de l’agriculture naturelle et de la réhabilitation de terrains arides. Et le phénomène se répand, donnant naissance à une blogosphère francophone importante, vidéos et photos de fabrication à l’appui.

«Un peu de poésie»
Le Service des parcs et promenades de la ville de Lausanne, et son escouade de jardiniers, connaît déjà bien le phénomène de guerilla gardening. «En général, tant qu’il s’agit de plantes d’ici, nous faisons preuve d’ouverture, explique Sophie Dunand, qui s’occupe de la zone de Mon-Repos. On essaie de respecter du mieux que l’on peut l’idée de ce genre de mouvement, qui est simplement de promouvoir le vert!» Seuls couacs: quelques jardiniers un peu trop zélés ôtent tout ce qui a été planté de manière clandestine, sans faire dans le détail. Marc Perrin, le chef du service, se réjouit carrément de voir du vert pousser dans les coins gris du chef-lieu. «C’est un peu de poésie en ville, je vois ça avec beaucoup de sympathie.»

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