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Article - 23/03/2010

Marthaler veut consacrer le Musée de Rumine à l’avenir de la planète

AMBITION - En duo avec sa collègue socialiste Anne-Catherine Lyon, le conseiller d’Etat des Verts se démène pour que Lausanne possède rapidement un «pôle multiculturel» dédié à la biodiversité et au changement climatique. Le gouvernement vient d’approuver la démarche.

PHILIPPE DUMARTHERAY

Deson bureau, place de la Riponne 10, le conseiller d’Etat vaudois, patron des Infrastructures, a une vue imprenable sur le Musée de Rumine. En le regardant au fil des années, il a eu le temps de peaufiner un vieux rêve, celui d’installer là, juste sous ses yeux, un musée consacré à l’avenir de notre planète.

Cette vision a pris corps avec le possible départ de la partie Beaux-Arts aux halles des locomotives de la gare de Lausanne. Et un rapport, intitulé «Le Palais de Rumine, pôle multiculturel pour tous au centre-ville», est venu donner une caution à ce projet.

Mieux, cette ébauche vient d’être validée par le gouvernement. François Marthaler compte battre le fer tant qu’il est chaud. Il se fait le chantre de ce musée consacré à la biodiversité et au changement climatique.

<b>– Ce projet, comment l’avez-vous abordé?</b>

– C’est un vélo que j’ai enfourché d’une manière un peu instinctive. En fait, un tandem sur lequel Mme Lyon a bien voulu monter. On a concrétisé cette idée ensemble. C’est nous qui pédalons. Je suis dans ce projet en tant que responsable des Bâtiments, je m’occupe du contenant, Mme Lyon s’occupe du contenu. Mais ensuite, ce sont les directeurs des musées du Palais de Rumine qui se sont motivés pour préparer un programme cohérent. Le fait de pouvoir regrouper des budgets et des forces va permettre d’avoir des ambitions plus grandes.

<b>– Vous pouvez préciser?</b>

– On a des collections, on a des compétences, on a un bâtiment qui va laisser quelques milliers de mètres carrés libres après le départ du Musée des beaux-arts. On peut imaginer un projet ambitieux avec les musées existant à Rumine avec ce fil rouge de la biodiversité et du changement climatique. Il y a donc des compétences internes. Mais vous ajoutez deux ou trois arrêts de métro et vous voilà au jardin botanique. Demain, il y aura aussi le fameux projet Aquaecopôle(ndlr: aquariums géants à Vennes), et plus loin encore la biologie à l’Université et l’institut WSL(ndlr: institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage). Et à Gland, le siège mondial du WWF et celui de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). On a des cartes en main. Notamment pour organiser de grandes expositions temporaires, style «Exposition Einstein» à Berne, susceptibles de drainer un public aussi large que la problématique est importante.

<b>– La biodiversité, est-ce vraiment une thématique accrocheuse?</b>

– Labiodiversité n’est pas une problématique réservée aux écologistes et doux rêveurs. Il y a une dimension économique. La valeur de la pollinisation des insectes et des abeilles se chiffre ainsi en milliards de francs. Plus globalement, la biodiversité est un domaine où des choses magnifiques sont à raconter. On le voit avec le succès des chaînes de télévision animalières. Je ne doute pas un instant que si l’on arrive à monter des expositions ambitieuses autour de ces thématiques, elles vont attirer du monde. Parler de la relation entre l’homme, la nature et le climat, c’est une des pistes pour aborder cette thématique. C’est plus accrocheur que de parler simplement de biodiversité.

<b>– Votre objectif est-il que le canton de Vaud devienne leader dans ce domaine?</b>

– Oui, je suis convaincu que l’on peut le devenir. Je préfère le terme de pionnier. On est aussi en train de mettre sur pied une plate-forme CO2avec l’Université, l’EPFL, le CHUV et l’Etat de Vaud pour se donner les moyens de contrôler et de maîtriser nos émissions de gaz à effet de serre. Avec le Musée de Rumine, avec la présence de l’UICN dans le canton, tout commence à faire sens. A ma connaissance, il n’existe aucun projet équivalent en Suisse, voire en Europe.£

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